Les petits romans

Parce que nos vraies vies ne sont pas toujours de grands romans, mais que dans nos vraies vies il y a plein de petits romans, un blog avec des petits romans de nos vraies vies et aussi des vrais romans qui racontent de fausses vies.
Vous n'avez pas tout compris? le mieux c'est encore de lire...

mardi 31 mai 2011

Passe moi le Celte!

"chaudron" de Gundestrup
Pourquoi ce titre en référence à "Astérix et les Goths" (et donc aux jolis jeux de mots de René Goscinny) ? Et bien parce que les celtes, nos ancêtres (quoi que ceci puisse se discuter, comme tout ce qui concerne l'Histoire), on ne les connait pas vraiment. Par "on", je parle bien entendu du grand public et ne m'érigeant absolument pas en spécialiste-chercheur-bardé-de-diplômes sur la question, les éventuels spécialistes (ou autoproclamés tels) seront gentils de ne  pas venir  me titiller agressivement sur des détails à la con: oui, je suis un amateur, non je n'y connais pas grand chose, non, je ne maîtrise pas le vocabulaire scientifique adéquat et puis zut! Cette digression préventive passée, je peux donc simplement vous dire, entre amis, que j'aime l'Histoire! Je l'adore même! Le tout est qu'elle me soit présentée sous l'angle d'une possible identification. Dès lors, mémoires et autres témoignages (mêmes arides ou succins) de nos aïeux font mes délices. Car c'est à chaque fois un émerveillement de se rendre compte combien l'âme humaine est atemporelle et que j'aurais pu être copain avec Venance Fortunat ou Christine de Pisan. Il y a toujours eu des très cons, des pas cons et des moins cons, seul change le fait qu'à l'époque, ben y avait pas d' Ipad! Je n'en ai d'ailleurs pas encore moi-même et j'en chiale tous les jours! (Apple, si tu m'écoutes... Non? bon ben tant pis!)
Je suis longtemps passé d'une époque à l'autre au gré de lectures parfois fantaisistes et creuses pour, finalement, me laisser happer par le monde celtique. Je ne parlerai pas ici de l'imagerie druidique un peu glamour (qui ne reflète que très vaguement la réalité du monde celte) ni des "références" celtes qu'on peut voir ici ou là en Bretagne ou en Irlande (même si j'adore ça) et qui seraient d'ailleurs plutôt issues d'une relecture historico-touristique made in 19ème siècle! Ce n'est pas entièrement ce folklore là-que j'aime beaucoup-qui m'a fait découvrir le monde celte; un monde révolu, il faut bien le dire, depuis fort longtemps, mais dont les influences se devinent encore fortement maintenant et pas seulement chez les bretons ou les irlandais. De toute manière, pour couper court, les celtes, il y en  avait (à une époque déterminée) partout et ce même en Italie, voire en Turquie! Ceci étant dit, je m'y suis tout d'abord intéressé par la lorgnette du privé. Car une institution, celle du mariage, m'a ébahi de modernité!
Que dire d'une civilisation qui voit le mariage comme ceci : une institution souple plus proche d'un contrat à durée pas nécessairement définitive que d'une union sacrée aux liens indissolubles et pesants (héritage de ces putains de romains à la con plutôt que de l’Église, à proprement parler).
Théoriquement, les époux se choisissaient librement et lorsque la femme possédait plus de biens que son époux, c'est elle qui dirigeait les affaires du foyer familial sans avoir besoin de l'approbation du mari.  En cas d'égalité patrimoniale, l'un et l'autre des époux devaient demander l'accord du conjoint. En se mariant, la femme n'entrait pas dans la famille de son mari, elle appartenait toujours à sa famille d'origine et pouvait y retourner en cas de divorce. Si l'homme décidait d'abandonner sa femme, il devait s'appuyer sur des motifs graves, sinon il devait payer des dédommagements très élevés. La femme pouvait se séparer de son mari en cas de mauvais traitements (et vice-versa d'ailleurs), elle pouvait alors reprendre ses biens propres et sa part des biens acquis pendant toute la durée du mariage. Le divorce pouvait aussi s'effectuer par consentement mutuel, la séparation n'était pas liée à une quelconque culpabilité, c'était simplement un contrat qui cessait. Bien entendu, si l'homme était doté de plus de biens que sa femme, c'est lui qui dirigeait l'intendance familiale, mais dans les faits, ceci ne constituait pas la majorité des cas. Le mariage était tellement perçu comme un "simple" contrat qu'il était même possible de contracter ce qu'on pourrait appeler un "mariage à durée déterminée" renouvelable ou pas. Au bout de cette période d'union contractée, l'homme, tout comme la femme, pouvait décider de renouveler l'expérience ou non. Voilà une modernité qui n'est même pas à l'ordre du jour dans nos contrées Ipadisées à donf!(oui, je fais une fixette!) Alors pourquoi, mais pourquoi!, pourquoi n'a-t-on pas continué à "celtiser" le mariage comme ça? N'étant pas historien je ne donnerai qu'un avis purement subjectif :
1/ Ce n'était sans doute réalisable que dans un cadre territorial restreint (on administre plus facilement-pour le meilleur comme pour le pire-un petit pays qu'un empire gigantesque)
2/ A-t-on réellement respecté les termes de ces unions à l'époque? Où exactement? Et combien de temps?
3/ Rome, impériale, militariste et... très très machiste avec son droit tellement "libre"(sic) est passée par là et a malheureusement influencé une Église politisée au fil du temps(mais relativement tardivement : extrême fin du Moyen-Âge et surtout Renaissance, le tout en crescendo jusqu'au 19ème siècle. L'Église des premiers et "moyens" temps ayant été plus libérale et progressiste qu'on ne le croit)

Comme pour tout ce qui concerne l'Histoire, ces données sont à prendre avec de très larges pincettes : certainement que l'institution telle quelle n'a du, finalement, concerner que peu de gens à une époque très précise et sur un territoire restreint (puisqu’en Histoire comme pour tout, il convient de fortement relativiser : si les chercheurs du 30ème siècle ne trouvaient, comme seuls témoignages de notre monde actuel, que les Vogue et autres Elle et Biba, ils en déduiraient que nous faisons tous 1m80 et plus, 50 kilos maxi et avons 15 ans! X-file, donc!)
Il n'en reste pas moins que le simple fait d'avoir posé ces principes matrimoniaux relève, sur le fond, d'une grande humanité et d'un modernisme qui fait paraître le nôtre bien fade.
Je me suis bien entendu passionné pour bien d'autres sujets concernant ce très vaste monde celtique encore méconnu, mais j’espère que cette première ébauche d'introduction (un peu "accrocheuse" il est vrai) vous donnera envie d'en savoir plus.


Ne souhaitant pas mettre ici une bibliographie qui risquerait de paraître indigeste bien que passionnante, je vous conseillerais donc simplement un livre (qui dispose d'ailleurs d'une vaste biblio), excellente introduction sur les celtes, facile à lire et avec beaucoup d'images (et ça c'est cool!) :
L’Europe des Celtes - Christiane Eluère (Découvertes Gallimard)
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lundi 30 mai 2011

La reine Bertière

Aujourd'hui je voudrais rendre hommage à une grande dame avec un grand D : Mme Simone Bertière. Pour ceux qui ne la connaitraient pas, Simone Bertière est historienne et écrivain de talent, les deux n'allant pas forcément de pair, croyez-moi. Si, comme moi, vous aimez l'Histoire mais que les enchainements sans fin de dates et de noms ne vous font pas du tout grimper aux rideaux, vous adorerez tous ses livres! Le défaut des livres historiques est bien souvent d'être soit aride et pénible à lire (des fois que le commun des mortels comprendrait!) soit beaucoup trop et mal romancé. Simone Bertière évite avec grâce et légèreté ces deux écueils. Son écriture est claire, fluide sans être simplette, et généreuse. C'est d'ailleurs sa générosité et son humilité, malgré un savoir et un savoir-faire immenses, qui transparaissent à la lecture de ses œuvres. Cette simplicité dans la façon de "conter" l'histoire se retrouve même quand elle en parle devant une docte assemblée, ce qui est un challenge, vous l'avouerez : vidéo  Henri IV - Simone Bertière.


Ses avis ne sont jamais péremptoires, elle s'efforce au maximum à l'impartialité (si difficile à atteindre quand on "interprète" l'Histoire) sans tomber dans un style universitaire à la con (vous aurez compris que je déteste ce style-volontairement-pompeux) et ne donne son opinion sur tel ou tel fait qu'avec clarté, souvent même en présentant, sans les critiquer, les thèses d'autres auteurs. C'est avant tout une conteuse et cela se sent. Ses livres sont des livres d'Histoire bien plus réussis que la plupart des romans historiques souvent très scolairement écrits (et du coup pas fiables). Sa saga (car on la lit comme telle) sur les reines de France est un véritable chef-d’œuvre à lire et relire, vous aurez même très vite l'impression de maîtriser tout un pan d'Histoire tant il est vrai que Mme Bertière excelle à enseigner sans en avoir l'air. De plus, comme elle l'explique intelligemment, connaître l'histoire de ces reines équivaut à connaître un peu l'Histoire de France de cette période tant vies privées et familiales de nos monarques d'antan étaient souvent indissociables de vies politiques et sociales. Ce n'est donc pas de l'Histoire à travers la lorgnette des histoires de fesses, mais de la Vraie Grande Histoire, et c'est bien agréable d'apprendre autant de choses souvent primordiales pour notre connaissance du présent sans avoir le désagréable sentiment de retomber en période de bachotage (horreur! heureusement qu'on ne repasse pas son bac toute la vie). De plus, comme dans la vraie vie, aucun protagoniste n'est ni tout blanc ni tout noir, on sent que Simone Bertière s'efforce au plus juste et évite les préjugés souvent ressassés sur tel ou tel  personnage (on citera ici, en vrac, Catherine de Médicis ou encore Louis XV), elle fait preuve d'une redoutable diplomatie qui ne tombe jamais dans un oui-ouisme niais ni dans une démagogie qui ferait tache.
Vous l'aurez compris, après avoir lu l’œuvre de Mme Simone Bertière, vous pourrez vous la péter grave lors des réceptions de l'ambassadeur avec vos connaissances historiques et vos Ferrero rocher!
Bien sûr, n'étant pas aussi doué pour l'objectivité que Simone Bertière, mon post est (un peu) dithyrambique. Il n'empêche que j'ai raison (ben oui!lol), lisez et vous verrez...


Site officiel de Simone Bertière : simonebertiere.free.fr
Liste des œuvres de Simone Bertière  :
sur Amazon.Simone Bertière
surFnac.Simone-Bertiere



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samedi 28 mai 2011

We are the Robots

WALL-E
Dans mon catalogue polynévrotique à souhait, il est une phobie qui n'est pas prête de me quitter : celle du métier-sérieux-à-costard-cravates! Freddy ou Oui-Oui ne me font pas peur mais le monsieur qui tire la gueule dans son mauvais costume de banquier me fait pousser un cri d'effroi si énorme qu'il ferait passer un diplodocus pour une femmelette! Sur ce, petite anecdote : il m'est arrivé une seule fois de franchir la barrière de Paris-la Défense (qui n'a de Paris que le nom) et cela n'a fait que renforcer mon horreur. Certes, je devais être la seule personne (enfin, on était deux) à aller à La Défense pour assister à un concert de Blues, ce qui fait que je ne m'attendais pas à une telle foule de gens monochromes et blafards, aussi vivants qu'un contrôleur des impôts à l'ancienne (car on en a maintenant des djeuns très différents!). Et puis, La Défense c'est méga méga moche! Un univers de robots ringard avec plein de robots qui piquent les yeux dedans! (parce que moi, depuis WALL-E, je suis sûr que le robot peut être trop mimi)
Berk!!
Sachant que je connais quelques personnes de la vraie vie qui sont contraints et forcés de s'habiller en moche costume (j'ai moi-même depuis 15 ans un sublime Hugo Boss "so fashion"-même maintenant- mais on ne parle bien évidemment pas dans ce post du costard tendance!), sachant cela, donc, je me doute bien que tous ces gens que je vois là, robotisés, peuvent, une fois leurs habits de "lumière" ôtés, se révéler destroy et sympa! Il n'empêche que je n'arrive pas à me débarrasser de cette phobie! Elle évoque pour moi nos politicien(ne)s formaté(e)s à donf jusque dans leur élocution, sans parler de leurs looks, toujours tristouilles et frigides. Les femmes ont droit à l'incontournable étole moche sur l'épaule (ciel! on ose!) et à la jupe au genou qui fait des jambes de cascadeuse bulgare! Je parle uniquement de l'apparence des hommes et des femmes politiques car n'ai rien du tout contre la politique même si je n'y comprends absolument rien (et ne cherche pas trop à combler cette lacune : mea culpa), c'est juste qu'en tant que bobo-adulescent (j'assume), le costume de "grand" ne me paraît pas convenir à l'éternel fan des schtroumpfs que je suis. Et puis j'ai toujours eu l'énooorme privilège de faire des métiers pour lesquels plus on s'habille destroy, mieux c'est. Du coup, pas de casual pour moi, puisque je suis en habit de "working boy" tout le temps (y compris dans mon pyjama Petit Bateau du dimanche).
le couteau, le poison ou la cravate?
Se pose alors justement la question du formatage... Ben oui, c'est bien joli (et facile) de trouver que les "La-Défensiens" ressemblent à des robots,  mais étant moi-même un (presque)pur produit bobo (pauvre mais bobo quand-même), ne suis-je pas moi-même un robot? Hmm?! Et bien ma bonne dame (encore elle!), ceci fera l'objet d'un post ultérieur. Sur ce, bon dimanche sous vos applaudissements!


Et puisque j'ai intitulé ce post : "we are the robots" , un petit coup de Kraftwerk :
   "We are the robots" 
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vendredi 27 mai 2011

le sport et le chat

Moi, le sport, j'adore ça! C'est juste lui qui ne m'aime pas trop. Je serais d'ailleurs un grand sportif si : j'avais une salle de sport intégrée à mon 33 m²; si on pouvait faire du sport en terrasse; si faire du sport ne voulait pas dire suer; si faire 1 heure de sport par an suffisait et, surtout, si je n'avais pas un chat! En l’occurrence, une chatte de bientôt 4 ans et demi. Car mon âme de "père" responsable m'oblige à suivre le rythme de ma fifille dont l'exercice est bien le cadet de ses soucis. Les propriétaires de chiens sont obligés (avec le sourire) de sortir leurs toutous régulièrement, voire de courir avec eux. Les amis des chiens sont donc contraints et forcés de faire du sport. De notables exceptions, bien entendu, comme le bulldog anglais "qu'une course trop importante peut même tuer" (je cite)! Sachant que ce ravissant chien pète et rote, je le trouve même très très sympathique. Mais en règle générale, le chien, il bouge. Il peut même bouger beaucoup! Ma fifille, elle, ne fait pas ses griffes et préfère qu'on l'emmène, impériale, chez le "patticure" toutes les 3 semaines, pour un peu elle demanderait presque à ce qu'on lui mette le dernier vernis "chat-nel" sur ses grigriffes. Elle n'en a rien à battre des jouets-qui-bougent et je la dérange quand, par malheur, je bouge la nuit pour aller au petit coin: elle se réveille alors avec une moue chiffonnée, pas contente du tout du tout qu'on ait osé attenter à son royal sommeil félin. Sachant combien le chat dort... on évite donc de (trop) bouger!
La preuve en image que le chat est un sacré faignant intellectuel introspectif, c'est qu'en tapant "chat qui fait du sport" dans Google, j'ai juste trouvé ça! :
le "chat-érobic": une pure utopie!

 Bien sûr, ma fifille chasse parfois les moucherons ou même (ciel!) les oiseaux, mais cet aristocratique exercice qu'est la chasse ne nécessite guère le concours de l'humain qui, de toute façon, ferait fuir la proie de son pas simiesque! L'humain, royal sujet (esclave?) de sa majesté le chat, n'a que le droit d'applaudir la chasse de son monarque absolu. (même si un chat qui ramène une proie à moitié mâchouillée, c'est vraiment berk!)
Bref, avoir un chat nécessite patience, humeur contemplative et... paresse! Car, oui, le chat est un excellent prétexte pour glandouiller en paix. Il chasse d'un coup de patte cette (légère) culpabilité qui vous assaille quand vous avez envie de glander. Pour ne citer qu'un exemple (moi!), quand, le dimanche, je n'ai strictement pas envie de bouger ni de m'habiller mais qu'il fait beau (enfin pas trop, sinon ça pique les yeux, cf "j'aime pas le soleil") et que je pourrais faire plein de trucs, la simple vision de ma fifille qui trône alanguie tout plein en pleine sieste (la sieste durant 17heures environ) me délie de mon serment sportif qui n'a d'ailleurs jamais été totalement prêté...
Les amoureux des chats seraient-ils avant tout paresseux? Sachant que la paresse est constructive (cf : "je n'fais rien, je vais bien" ), le chat cultive donc notre génie!
Merci ma fifiiiiiiille!!!!

Les chats sont avant tout de grands artistes! (clin d’œil à Bouba)
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mercredi 25 mai 2011

Parler aux filles "en forme(s)" (2) : la vengeance de la fille "qui se tait pour l'instant"!

 (Suite de : Parler aux filles "en forme(s)" (1))

Nous avions donc laissé notre "pôv'garçon" en plan avec "New Dress Girl" (donc NDG pour la suite du post). Force est de vous avouer que je n'ai pas assisté à la réaction de NDG qui s'est tue pendant si longtemps que j'en ai quitté la terrasse. Ce silence boudeur mais léger-très différent de la bouderie enfantine-ponctué de réponses onomatopéiques telles que : "hmm", "oui","bof" ou le célébrissime "non non, ça va " (qui n'est pas une onomatopée mais qui permet de ne rien dévoiler du mystère qui a causé la bouderie, ce qui enlise notre "pôv'gars" dans sa culpabilité... et ce n'est qu'un début!), ce silence boudeur, donc, est déjà une vengeance à lui seul. Notre NDG, comme une impératrice, joue à la princesse dans sa tour d'ivoire, incomprise de tous et surtout de "pôv'gars"! Notons au passage, pour tous les "pôv'gars" du monde, qu'il faut alors jouer le jeu, même si ça vous saoule(et Dieu que ça vous saoule!) sous peine de voir ce silence vengeur s'étirer en longueur et se métamorphoser (why not?) en giga-méga-dispute. Même si vous avez voulu, à la base, complimenter votre dulcinée, inutile de vous justifier puisque c'est avant tout le "ressenti" de votre douce qui sert de jugement. Parce qu'après tout elle le vaut bien! De toute façon, vous avez commis une grosse (mot à bannir désormais de votre vocabulaire) bourde, il vous faudra faire avec et retenir la leçon pour l'avenir. Bref, si vous arrivez à vous faire pardonner tout en évitant l'excuse ou la justification, vous aurez (presque) réussi, si tant est que vous puissiez réussir, bien entendu.
Estimez-vous d'ailleurs heureux que votre NDG s'en tienne au silence boudeur qui peut (si vous la jouez finement) se terminer relativement rapidement. Il est d'autres vengeances beaucoup plus pernicieuses... Je ne pourrai d'ailleurs en citer qu'une d'entre elles pour le moment, puisque je suis très loin de pouvoir en faire le tour.
Une des plus sympathiques au premier abord mais qui aura tôt fait de vous transformer en névrosé du complexe est la variation autour du "oui mon petit boudiné chéri" : NDG sourit (seulement de façade) et choisit dans sa bibliothèque de petits mots amoureux les surnoms qui peuvent à la longue vous faire comprendre que vous êtes un peu gras! Et croyez-moi, le temps où les hommes étalaient avec fierté leurs panses rebondies est bien loin! Vous aurez donc droit aux surnoms tels que "mon petit loukoum", "mon croissant au beurre" etc... Le tout accompagné de gestes "tendres" qui auront comme par hasard tendance à s'attarder sur vos poignées d'amour. Bref, gros vous vous sentirez, complexé vous serez! Et votre NDG aura beau jeu alors, quand vous lui demanderez "tu trouves pas que j'ai un peu grossi?", de vous répondre d'un air faussement gêné et secrètement victorieux : "non... pas du tout...enfin... avec un peu de sport, ça partira vite!"
Pour ceux qui croiraient que leur minceur leur évite le problème, que nenni!! Si vous êtes mince ou maigre...vous l'êtes juste pour le moment! ET votre NDG saura vous appâter avec les plats les plus gras et les plus lourds pour qu'un jour votre bedaine naissante lui permette enfin d'utiliser les lipidiques surnoms ci-dessus. Croyez-moi, tout garçon, même le plus maigre, peut avoir un œuf Kinder au lieu de tablettes de chocolat. Et n'allez pas croire que puisque votre NDG mange "pareil" que vous, c'est bon : apprenez, très cher "pôv'gars", que NDG fait très bien semblant de manger gras...
Cette vengeance du "bidon masqué" ne constitue qu'une des innombrables variantes de la vengeance de la fille "qui se tait pour l'instant", il est bien évident que puisque "souvent femme varie", il est impossible d'en établir un catalogue. J'ai néanmoins mis l'accent sur le problème à résoudre d'urgence : savoir parler aux filles! (en forme(s) ou non) Ce qui fera l'objet d'un autre post...essentiel et vital!
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mardi 24 mai 2011

"Je sais que je... " Roman chapitre 4

Sur ce lien : "Je sais que je..."Roman chapitre 4, retrouvez la suite des aventures de Juliette.
Et bientôt un prochain post sur un sujet indispensable comme toujours!
Guigui
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lundi 23 mai 2011

"Je sais que je... " Roman chapitre 3

Sur ce lien : "Je sais que je..."Roman chapitre 3, retrouvez la suite des aventures de Juliette.
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dimanche 22 mai 2011

le post cathodique du dimanche


Je me suis pris dernièrement une grande claque dans la gueule en regardant "Game of Thrones": un décor étourdissant, des moyens titanesques sans être pour autant étouffants et surtout un jeu d'acteur incroyable. Après, on est plus ou moins sensible à l'univers de l'heroic fantasy, reste que cette série TV n'a rien à envier à de très grandes productions cinématographiques. Je me suis fait la réflexion qu'il y avait alors loin, très loin, de "Miami vice" et "Beverly Hills" à "Game of Thrones"!
quand je disais que c'était kitsch!
Pour les vieux sbires (dont je suis), à part de rares exceptions, séries TV rimait à l'époque avec "cheap" et mal joué. Et même si je reste attaché à certaines séries comme "ALF" ou "la croisière s'amuse", ces séries ont très mal vieilli et, de toute façon, à l'époque elles étaient déjà ringardes.(concernant "la croisière s'amuse", c'était même, dès sa conception, un monument du ringard et du kitsch!)
Mais depuis, de nombreuses séries ont démontré que séries TV pouvait rimer avec qualité!  On s'habitue même dangereusement à un format qui favorise, dans de nombreux cas, le développement et la complexité des personnages quant le format cinéma nous paraît dès lors prendre des raccourcis un peu trop rapides. Il n'en reste pas moins qu'on assiste régulièrement à l'éclosion de quelques nanars peu reluisants et néanmoins regardables en bouffant des chips (je pense à "legend of the seeker" avec ses acteurs qui jouent comme des pieds et ses mord-sith qui se battent-involontairement-à coups de godes, ou encore à "Camelot" particulièrement très très mal joué, à part Eva Green qui de toute manière se sortirait parfaitement de n'importe quelle bouse!). Mais j'ai néanmoins de quoi m'extasier et me péter les neurones devant "Dexter", "Fringe", "Supernatural" et autres...

Se pose alors la question:qu'est-ce qui fait une bonne série? On est tous plus ou moins d'accord: le scénario, le budget, les acteurs, etc, etc... Mon avis diffère légèrement: j'ai déjà regardé des navets qui faisaient mal aux yeux ou des séries qui auraient pu être pas mal; dans la plupart des cas, les moyens étaient "à l'américaine" donc (trop?) énormes, les scénarios n'étaient pas top mais pas pires que certaines séries que j'idolâtre, bref... où était donc le mystère mystérieux?  Le constat fut rapide : les dialogues et, par conséquent, le jeu des acteurs étaient exécrables!(mention spéciale, encore une fois, à "legend of the seeker" ou "Camelot") Et si certains acteurs, particulièrement talentueux, arrivent à s'en sortir malgré des dialogues pourris, la grande majorité s'enfonce plutôt... Ce n'est d'ailleurs pas le choix d'acteurs de génie qui fait une grande série, un acteur mal dirigé restera généralement mauvais. C'est la direction d'acteurs qui fait une série de qualité. Si, par exemple, "les experts" s'en sortent à peu près malgré des intrigues de plus en plus rocambolesques et parfois peu crédibles et malgré un engourdissement inévitable au bout de tant de saisons, c'est parce que, dans
l'ensemble, ces acteurs sont bien dirigés.
et oui! certains looks "soap opera"sont à oublier
Certains d'entre eux ayant déployé leurs "talents" dans d'indigestes soap operas (on pense à Jensen Ackles de "Supernatural") on en déduit donc que le nanar guette tout acteur de talent (ou sans talent), c'est donc bien la preuve que dialogues percutants et direction d'acteur sont deux des éléments indispensables pour faire d'une série potable une (très) bonne série.

Et c'est là (pour moi) que le bât blesse avec les séries françaises. Ok, on n'a pas les moyens des States, c'est une évidence, et heureusement, j'ai envie de dire. De toute façon, rien ne sert de vouloir les copier car cela donne de vraies séries cheap et pas crédibles (une pensée émue pour Pascal Légitimus qui fut un profiler made in France... légèrement ridicule!), de plus, certaines de nos séries ont bénéficié de gros budgets et n'en sont pas devenues moins mauvaises pour autant. Car nous ne savons absolument pas construire de dialogues ni diriger des acteurs. Certains parmi eux ayant parfois prouvé leur talent ailleurs, ce n'est donc pas entièrement le talent des comédiens qui est à mettre en cause (quoique...).
Car, et j'en suis bien triste, nos séries françaises, je n'arrive tout simplement pas à les regarder! Les acteurs jouent comme au "théâtre à la française", d'un ton faux et sur-joué! (malgré de notables exceptions comme "Hard", série particulièrement réussie car-justement- bons acteurs et très bons dialogues).
Ingrid, un élément indispensable pour toute (mauvaise)série
Ce qui, je le répète, me rend vraiment triste. Pourtant, avec notre génie du cynisme et notre sens français de la formule, nous pourrions réaliser d'excellentes séries percutantes, irrévérencieuses et délicieusement amorales... Car c'est là que les séries TV américaines pêchent parfois: malgré une façade parfois trash elles restent néanmoins souvent "américaines ", à savoir un peu simplistes et manichéennes et pleines de bons-sentiments-qui-donnent-la-nausée. ("Dexter", que j'adore, en étant-très légèrement il est vrai-la preuve puisqu'il s'agit d'un serial killer, certes, mais qui réalise néanmoins le fantasme de l'amerloque moyen: buter les méchants!) Notre serial killer à nous pourrait être un vrai méchant qui torturerait les gens avec la compil de Céline Dion et s'en sortirait victorieux sans aucun regret (même qu'il buterait des gamins!!lol), et même que, puisqu'il n'aurait pas le budget prod, il tuerait les gens avec un fume-cigarettes tout en les saoulant avec sa logorrhée. ( je pense que Fabrice Luchini ferait un excellent et amusant serial killer) Et cette "couleur" particulière ne nécessiterait pas une explosion de budget: juste d'excellents dialogues mais ni pompeux ni trop bavards ainsi qu'une direction d'acteur pointue et originale.
Bref, nous sommes français, qu'attend donc la télé pour en profiter?!
Moi je dis oui à Fabrice en serial killer!
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jeudi 19 mai 2011

le parisien qui fait "heulllôô!"


C'est bien connu : les parisiens de souche, il y en a peu et ce ne sont pas ceux qui sont les plus représentatifs. Le "vrai" parisien n'est pas né à Paris et n'y habite parfois même pas... Il en rêve, il se sent connecté à cette sublime ville bien crevante et le jour où il part y vivre, il découvre les joies (réelles) de la capitale mais aussi ses "petits"inconvénients.
j'ai pas trouvé de métro-qui-pue en photo!
Le premier de ces "légers" désagréments est le métro. Certes, c'est pratique, mais c'est crados, ça pue et c'est un excellent "remède" à la joie de vivre. Passez une semaine, ou deux ou même trois, de vacances paradisiaques et reposantes, revenez à Paris et prenez le métro, vous perdrez alors tout le bénéfice de votre séjour. Le métro, de toute manière, ça ruine tout : votre bonne humeur qui commençait juste à poindre, vos vêtements (surtout quand il fait chaud car-bien sûr-le métro parisien n'est pas climatisé), votre nez (comme j'ai dit: ça pue!) et vos tympans qui subissent le supplice des bruits stridents des rames qui crissent et les sons non moins stridents des "gens-qui-chantent-dans-le-métro" (y en a qui ont du talent, mais ça se fait rare)! Bref, j'aime pas le métro de Paris!
Et puis, oh joie!, à Paris, on n'est jamais complètement propre.Votre peau se recouvre d'une douce et fine pellicule noirâtre de pollution made in capitale, vos cheveux deviennent très vite huileux et mieux vaut parfois fumer une clope que respirer le bon air parisien. Bon, ça, c'est plus ou moins caractéristique de toute (très) grande ville, mais certaines d'entre elles s'en sortent quand même mieux que "Paris-la-ville-de-l'amouuuuuurrrr"!
Bref "I love Paris", mais parfois de loin. Mais je suis quand même devenu un vrai parisien.
Oui mais... Il y a des éléments de nos vies antérieures (et provinciales) qui nous sautent parfois méchamment à la gueule sans prévenir. En ce qui me concerne, ce sont surtout des expressions très raffinées qui fleurent bon la teurgoule (un plat fichtrement délicieux qu'il faut connaître. Rien que pour ça, vive la Normandie! : teurgoule qui donne faim!), le calva (hips!) et le camembert qui pue: je "toile" (prononcez "touèle") et je ne passe pas la "serpillière"; je reconnais une "clenche" mais pas une "poignée de porte"; je dis "ben oui, ben non!" et pas simplement "oui, non" et surtout, surtout!!, je dis "heullôô!", l'interjection la plus élégante que ma région natale m'ait légué... "Heullôô" me sort de la gueule environ toutes les trois minutes, ce qui brise à jamais le "charme" de mon accent parisien acquis au fur et à mesure des années.Quoique je ne sois pas bien certain que l'accent parisien soit vraiment élégant car il fait surtout prétentieux.
On pourrait penser que cette façon de garder quelques expressions du terroir au sein d'une élocution "so chic" soit seulement un snobisme de plus, j'avoue me poser parfois la question. Mais mon examen de conscience fait, juré-craché, je vous assure qu'il n'en est rien!
J'envierais presque certains accents (bon, pas l'accent du nord, ni celui du québec, je ne suis pas fan de l'accent du sud et...heu, en fait j'aime pas du tout les accents!!) et le diablotin normand qui sommeille en moi continue si joliment à sortir ses "heullôô!!"
Sur ce je vais devoir vous quitter temporairement car je dois "touèler" ma cuisine après avoir mitonné une bonne teurgoule.
Que le cidre, le calva, la crème et les rans (car on ne dit pas "bulots" en Normandie, on dit "rans"!) vous fassent dire plein de "heullôô!"
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mardi 17 mai 2011

"Je sais que je... " Roman chapitre 2

Sur ce lien : "Je sais que je..."Roman chapitre 2, retrouvez la suite des aventures de Juliette.
Et très vite un prochain post sur un sujet indispensable comme toujours!
Guigui
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lundi 16 mai 2011

Macarons Vs Calissons


ça y est!!!!! c'est officiel, je déclare, tel une Kate Moss sous L'Oréal, la guerre "Calissons Vs Macarons"!!!
Parce que les calissons, c'est bon!!
les macarons aussi, me direz-vous, et je ne vous contredirai pas. J'adoooore les macarons, leurs courbes généreuses, leurs coques qui craquent finement sous la dent pour dévoiler avec sensualité leurs ganaches parfumées,  leurs couleurs pétillantes ou douces. Comme vous tous, je me pâme régulièrement chez Ladurée ou Pierre Hermé  !!(même si j'avoue humblement être plutôt "laduréen" tant j'aime le romantisme de leurs salons... et que Sofia Coppola et Kirsten Dunst, et ben je les AIME!)
Mais force est de m'avouer que les macarons, c'est vicieux! Ben oui, ça s'apprivoise pas comme ça!!
Combien parmi vous ont tenté la réalisation de ces complexes pâtisseries et en sont ressortis avec l'impression d'avoir fait 14-18 pour rien? Et bien moi, c'est pareil.

four "je cuisine pas"
Certes, mes capacités culinaires sont plutôt tournées vers le mitonnage au pifomètre de plats tels que la daube, le salé aux lentilles et autres ragoûts bien "d'cheu nous"! (non les djeuns,"mitonner" ça veut pas du tout dire être" mytho", je fais mon vieux crouton, mais c'est comme ça!) Mais j'ai quand même tenté l'aventure macarons. Pour ce faire, prendre une journée (ou plus) de RTT est quasi indispensable! Mais malgré le soin que j'y ai pris, l'utilisation de balances électronico-design et d'un four pro version Matrix, et ben mes macarons à moi avaient plutôt l'allure de burgers pas frais et le goût et la texture de brownies bien pâteux, alors ils étaient très bons (et moches!) mais c'était pas des macarons. J'en suis ressorti en comprenant mieux ce qu'a du ressentir Napoléon après Waterloo.
Je n'avais pas été stratège sur ce coup là. Donc mon choix fut vite fait: les macarons je vais continuer à les acheter!
N'empêche que le  goût amer  de la défaite ( "this is the war!") me restait en bouche. J'accepte de laisser aux pro, à leur tour de main et à leur équipement adapté, la confection de ces friandises "tendance" et rebelles, mais j'aurais bien aimé me la péter grave! Certes, tout le monde s'extasie devant mes gros plats d'hiver servis dans une cocotte pas fraiche, mais les petites mignardises me narguaient de leur sourire tout mimi (mais vicieux!)

JUSQU'AU JOUR.... Jusqu'à ce jour béni où je tombe sur ça! :  recette de calissons qui donne envie!
J'ai dans mes proches très proches de furieux adeptes du calisson. il faut dire que son corps d'amande fruité peut vite concurrencer le macaron. Lui aussi a une "gueule" bien personnelle, lui aussi se décline en plusieurs formats, plusieurs couleurs et peut être furieusement élégant.



Alors? Alors, la recette ci-dessus me paraissant maitrisable puisqu'elle ne faisait pas appel à un pesage trop savant ni à un matos de ouf, je me suis lancé...
Et bien m'en a pris car le résultat est allé au delà de mes espérances les plus folles. Mes calissons étaient divins,  croquants et fondants à la fois, charmants dans leur boîte (piquée à Ladurée pour l'occasion) et il me fallut plusieurs tournées fournées pour rassasier les goinfres qui m'entourent (et moi par la même occasion).

Ce que le calisson a de très sympa, c'est qu'il est un peu bourrin à faire! Il faut avoir du biceps et pas trop de finesse pour tourner le mélange sucre glace-poudre d'amandes pour en faire une belle pâte, ça me rappelait mes plats "kloug", ça m'allait donc comme un gant.  Le côté raffiné de l'histoire n'intervient qu'au moment de la mise en forme esthétique de la chose.
Bon, là, j'avoue, si on n'a pas le matos de ouf (qu'on peut voir sur cette vidéo "avé l'accent"!) on peut difficilement leur donner l'apparence aérodynamique qui leur est traditionnelle.
Donc mes calissons avaient la gueule de pâtisseries chinoises pas bonnes  mais ils restaient coquets et surtout addictifs.
Tout ça pour dire que si je l'ai fait, n'importe qui peut le faire et se la péter grave avec sa petite boite de calissons maison à offrir à ses amis qui font "whouaaa!!". En plus, le calisson va bien avec le champagne, la bière, la pizza, le pâté et le foie gras... tout comme le macaron, il est vrai.
Alors, j'ai choisi: je cours chez mes fournisseurs officiels de macarons pour pleurer devant ces foutues gourmandises que je ne maitriserai jamais, mais je leur fais de très grandes infidélités avec mes calissons made in Guigui!
Et puis pour les faignants dont j'étais, qui renâcleraient  quand même à se lancer dans l'aventure calissons (la bataille du macaron, on n'en parle même pas!), il reste une solution fort sympathique: courez chez G Detou
(où y a de tout! je sais, elle est facile.) pour acheter leur crème de calissons qui fait grimper aux rideaux, gavez-vous en avec une cuillère et vous vous sentirez comme ça! :



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samedi 14 mai 2011

je n'fais rien, je vais bien...

Finalement, il faudra encore attendre pour le post "la guerre macarons Vs calissons", après tout on ne déclare pas une guerre d'une telle ampleur comme ça! Car une question en plusieurs temps revient régulièrement à mon oreille quand je ne travaille pas (surtout en ce moment) "tu fais quoi? rien?! Comment tu fais? Moi j'pourrais pas!"
Et oui, braves gens bien consciencieux, quand j'ai du temps libre, voire beaucoup de temps libre, il m'arrive de ne rien faire (même pas lire ou regarder des séries, même si j'aime particulièrement ça). Je peux même me lever tard, prendre mon petit déj', me recoucher et l'ombre du voile de la culpabilité ne me frôle même pas... C'est tout un art!lol. J'avoue même y prendre un plaisir légèrement pervers! Et là, spéciale régression: quand j'étais petit et que je n'allais pas à l'école pour cause de maladie, savoir que les autres planchaient sur du Bescherelle pendant que je lisais des BD en boucle me comblait d'une joie quasi innocente. Les psy ont donc raison: tout se joue bien pendant l'enfance. Évidemment, c'était beaucoup moins jouissif quand je tombais malade pendant les vacances! (d'ailleurs je ne sais pas vous mais, moi, quand je tombe malade c'est souvent pendant les weekends ou les vacances!)
De toute manière, ne rien faire quand on est dans la lune, ça n'existe pas. Il n'est point besoin, braves gens, de se bouger dans tous les sens pour occuper sa vie. D'ailleurs j'ai pour principe que " ne rien faire de sa vie" n'existe pas, on fait ce qu'on veut et puis c'est tout. A trop vouloir grimper d'inaccessibles sommets, on risque de chuter de très haut. Je n'ai rien contre l'ambition et l'activité, mais à la mesure de chacun. Alors, non je ne serai jamais un prix Nobel et je ne ferai jamais le tour du monde en 48h! Et je ne m'en porte pas plus mal. L'ambition forcenée, j'en ai tâté, ça fait souvent bobo...
Et puis être dans la lune, c'est un état plutôt sympathique. Ceux qui s'agitent pour un rien ne peuvent comprendre cet état voluptueux qui frôle dangereusement la paresse mais qui n'en est pas une, de paresse. Rêver, c'est imaginer, imaginer c'est (souvent) créer. Avec plus ou moins de talent, mais on s'en fout! 
Donc, quand "je ne fais rien", je prépare mes post, je pense à l'avenir (parfois très proche et de façon très pragmatique), je fais et refais le monde à coté de mon chat qui adore quand je fais du rien comme ça, le chat étant le meilleur ami du pierrot-de-la-lune, comme chacun le devine bien. Et je remplis avec beaucoup de soin ma vie pleine de petits "riens". Il m'arrive même de penser que le besoin de s'agiter à l'extrême est une façon de combler un vide, c'est de la psychologie de comptoir mais c'est plutôt juste. J'en déduis donc que ma vie n'est pas vide et que j'aime tout bonnement l'aérer avec mes jolis moments de rien.
Moi je n'fais rien, je vais bien...




PS: et demain j'irai encore mieux que bien puisque c'est dimanche! donc pas d'article sur le blog(lol)

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vendredi 13 mai 2011

Sommes nous critiques ou tout simplement c...?

M'étant levé ce matin midi d'humeur joyeuse et gourmande, j'avais initialement prévu de faire un post sur la guerre macarons Vs calissons(que je déclare à moi tout seul!). Je me réjouissais donc à l'avance rien qu'à l'idée de chercher les photos les plus "MIAM!" pour illustrer le post et mon regard s'illuminait de plaisir, de désir, de...(on a les orgasmes qu'on veut, d'abord!)
Mais voilà! Une session de traductions d'articles espagnols en français (car je traduis-fort mal-des articles d'un blog pas du tout dans l'esprit du mien mais très chouette quand même)me fit me poser une question pas si idiote qu'elle en a l'air et dont l'esprit sera, je pense, repris dans plusieurs posts:"Sommes-nous critiques ou tout simplement cons?!"
Je m'explique! Par "nous", j'entends "nous français", particulièrement "nous parisiens" (Oui, j'habite Paris, oui je fais du parisianisme, et puis on peut avoir l'esprit "parisien" sans habiter la capitale, et puis zut!lol). Pourquoi? Et bien tout simplement parce que je n'ai pas arrêté de critiquer les articles du susdit blog pourtant plutôt pertinents sur le fond mais dont la forme n'est certainement pas faite pour "nous": trop "youpi youpi", "vive la winner attitude"et j'en passe, du coup je les ai trouvés un peu "nunuches" et "cheap".Vous voyez? je recommence à (mal) critiquer sans le vouloir (promis, demain je me flagelle avec des orties bouillies!). Alors oui, le français parisien me semble plutôt critique, ironique, cynique voire (très) langue de pute (et accessoirement fait la gueule et râle)! On critique (en vrac): les attitudes trop "smile smile", les danses de l'été, le bronzage trop bronzé, les voitures décapotables flashy "où-qu'on met-la-musique-à-donf" etc...
C'est vrai que la France a une longue tradition critique...
Mais cette critique là, même si je la pratique assidument avec délectation, elle n'est peut-être pas particulièrement bienveillante, ni si constructive que ça.
C'est comme ça et pis c'est tout ma bonne dame!
Car, et c'est l'évidence même (lol), "nous" sommes les vestales (pour les mecs, on dit "vestaux"?) de la distinction, du "bon goût" et de la claaaasse!
Ainsi, comme la plupart d'entre vous, moi quand je vois ça:
kim machintrucmuche version élégante. (si si!)
ou encore ça! :
J'ai envie de pousser un cri d'horreur devant tant de vulgarité!(d'ailleurs je le pousse:AAAAARGH!)
Et mon âme chancelle(Jacques?) rien qu'à l'idée que des vrais gens dans la vraie vie aiment ça!
Car il existe dans d'autres pays (quoiqu'ici aussi certainement) des gens (très biens et pas si bêtes) qui AIMENT Kim machin chose (la poufy-girl de l'image ci-dessus que je n'ai découvert que récemment. Si vous ne connaissez pas, vous ne ratez rien), qui trouvent ça sexy et coloré, et qui se foutent complètement du "bon goût", comme moi du dernier album de Céline Dion!
Au fait, qu'est-ce qu'on y met donc, "nous", derrière le "bon goût"? Hmmm?! Et ben ma bonne dame (toujours la même!) on y met globalement ça!:
"Je veux pas être ridicule, je veux être classe et/mais me démarquer de la vile populace, alors j'évite le "too much" et je me regarde dix mille fois avant de faire quoi que ce soit!"
Avec tout ça, on est évidemment "classe" mais comme le disent à juste titre pas mal d'étrangers, on fait plutôt "coincés"! On évitera donc: l'amas de couleurs sur soi(sic), le doré-qui-fait-mal-aux-yeux (à ne surtout pas cumuler avec le-soleil-qui-pique!), les rires trop bruyants (sauf cas de cuite, mais là c'est notre "moi" franchouillard qui s'exprime), les voix bruyantes en général (testez:dans un restaurant avec des étrangers, les français qui causent, on les entend pas!)etc, etc...
Donc notre icône à nous (je généralise, pas taper, pas taper!), ce serait plutôt ça!:
love!love!

Remarquez bien que notre souci du bon goût s'exprime même au niveau mammaire: nos icônes à nous, elles ont pas de seins! Ben oui, les gros seins trop exposés ça fait actrice de X en promo ou même Pamela Anderson (quoique certaines actrices de X sont peut-être plus classe que Pam, ce qui n'est pas difficile, il est vrai!) et tout (même la djellaba!) plutôt que ressembler à une porno-"star"! On est classe ou on l'est pas!
 Mais il m'arrive parfois, je dis bien parfois, d'envier ces gens "simples"(sic) que les vêtements de perroquet réjouissent, qui aiment danser sur de la musique pourrave, qui sont "cheap" et qui s'en foutent! Mais moi, j'y peux rien, le "bon goût", je cours après! (et il court trop vite, le con!), alors je continue à faire la gueule comme tout bon parisien qui se respecte, because c'est tellement "claaaasse"!
Mais qu'est-ce qui peut donc nous sauver de la détestation? Comment survivre à cet insoutenable état de fait?! Et bien, je pense que le paradoxe est justement que c'est notre propre sens critique qui vient sauver le tout. "Nous" critiquons les autres (et Dieu que ça fait du bien!) mais nous nous critiquons pas mal nous-mêmes(même si je reconnais qu'il existe des cons puissance 10 dont les cas sont irrémédiables!), ce sens de l'auto-dérision est peut-être le secret de notre charme (ben si on est charmants!lol)
Alors on est peut-être critiques ET cons mais avec CLAAAAASSE!!
"la parisienne" Inès de la Fressange


PS: ce post force volontairement le trait et généralise (un peu? beaucoup?) mais n'est pas si éloigné de la réalité que ça (enfin cela n'engage que moi-et vous-lol!)
PS 2: ce post devait être affiché hier(le 12 mai 2011 donc), mais pour cause de "blogger bloqué" je n'ai pu le mettre en ligne que maintenant. Alors ce n'est pas aujourd'hui que je me suis levé à midi, mais bien hier!(qu'on ne croie pas que je suis un gros flemmard, non mais!)
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mercredi 11 mai 2011

Parler aux filles "en forme(s)" (1)

 (suite : Parler aux filles "en forme(s)" (2) )


VU à la terrasse d'un café (oui, j'aime les terrasses de café malgré ça!!), cette situation particulièrement périlleuse et casse-gueule:
-Fille avec, certainement, une nouvelle robe :"comment tu me trouves?" (tout ça a avec la conviction dans la voix que la question est superflue et que la réponse sera "wwhouaaaa! magnifique!" ne jetez pas de pavés, vous l'avez tous fait!)
-Copain de la fille à la -certainement-nouvelle robe: "T'as l'air en forme!!"
Silence... très long silence...Et Fille avec new dress (finalement l'anglais c'est moins long que le french par moments) reste calme, trop calme, BEAUCOUP trop calme... le copain de new dress girl (NDG) sent qu'il vient de faire une méga boulette et qu'il va la payer (très) cher car la vengeance de la fille qui se "tait pour l'instant" est un plat indigeste qui se mange congelé. Mais où était la boulette dis-donc?? zatizecouechtione!
Et oui, homme de peu de foi (rien à voir mais je voulais le sortir quand même) tu viens de sortir le mot maléfique : "FORME(S)"!!
Alors, oui bien sur, dire "t'es en forme" à une fille, à la base c'est bien un compliment, on est d'accord, ça veut juste dire : "t'as bien dormi, t'as une belle peau, t'as l'air rayonnante etc..." bref : "TU AS L'AIR BELLE" (si si!), mais derrière ce mot protéiforme se cache malheureusement une rondeur pas du tout appréciée.

Petite aparté : un ami sud-américain me faisait remarquer à juste titre que cette vexation du "t'es en forme" était surtout française (j'aurais même tendance à dire pââârisienne, mais, pas taper, je fais pas du "snobinisme" là!). Apparemment, ailleurs, "t'es en forme", ça veut toujours dire "rayonnante" comme ça:
je rayonne (même si j'ai l'air un peu c....)
et pas ça :
no comment
Bref, revenons à nos capitons! Car la française glisse derrière le mot "forme(s)" à la bonhomie suspecte une traduction bien personnelle: "je suis GROSSE!"
Non vous ne rêvez pas: dire à  une fille (ou à certains mecs, ne soyons pas sexistes!) qu'elle est en forme c'est sous-entendre qu'elle a perdu sa minceur de sylphide car ,oui, la fille est parano et fait les (mauvaises) traductions et les réponses quand on touche à sa silhouette! et, oui, elle est de mauvaise foi! parce qu'après tout elle le vaut bien!!

Je lisais, l'autre jour, le témoignage d'un mannequin (mes lectures sont passionnantes) expliquant que lorsqu'une personne de la mode disait à une mannequin qu'elle était "en forme", ça voulait dire "tu ressembles à une truie, fais un régime" (je grossis un peu la réponse).
Ce qui peut vouloir dire que
1/ Les gens de la mode et moi n'avons pas du tout les mêmes valeurs (pour dire ça poliment)
2/ que les françaises (parisiennes?) pensent comme des top-models.
 3/ que, heu, et ben moi aussi je commence à penser comme un top-model car moi aussi quand on me dit 't'es en forme" je pense "t'as grossi" et j'aime pas ça du tout (bref y a pas que les filles, on est d'accord: honte, honte sur moi!)

Et ça, dans la contrée de la facheunouique, ça ne m'étonnerait qu'à moitié... Bref, tout ça amène  la question existentielle : "les substituts du "t'es en forme" à dire  à une fille qui a l'air en forme mais qui ne veut pas être "en formes"", qui fera l'objet d'un prochain post because Guigui le paresseux a envie de s'arrêter là pour aujourd'hui.
rien à voir, mais la forme et les formes de Dita sont quand même classe!

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mardi 10 mai 2011

J'aime pas le soleil!!!

et ben oui, ça va en défriser plus d'un et je vais me faire taper sur mes doigts boudinés, mais moi, j'aime pas le soleil. enfin, je m'explique...
Je n'ai rien contre un soleil d'hiver ou un petit soleil printanier tout mimi et encore un peu frileux, ou encore un soleil d'automne, qui commence à devenir paresseux.
Mais le soleil d'été(1), vulgaire, bling bling et qui brille tellement que vous avez envie de lui casser la roue (ben oui, rapport à ses rayons!), j'y peux rien, ça me rend malade, et ce n'est pas une figure de style: j'ai mal aux yeux, il fait trop chaud alors je n'ai ni envie de travailler, ni envie de bouger, ni envie de parler et je me transforme en schtroumpf grognon.
Et l'ami graine, c'est fatal, se pointe toujours si doucement (hum) quand le soleil brille de ses mille feux!!!
Alors non, l'été n'est pas ma saison préférée, sauf si je reste enfermé, couché devant un ventilateur lancé à bloc de 10h du matin à 18h... Avouez tout de même que ça vous restreint une journée.
Et puis quand on est un "grognon-bobo-à-la-têtête-parce-que-d'abord-le-soleil-y-pique"(c'est long, je sais) et bien il n y a rien de plus irritant que de voir les mines réjouies de ceux qui EUX aiment ce fichu soleil.
ET quand on vous balance en pleine poire: "c'est super ce temps, ça fait plaisir un peu de soleil!"(sic), vous vous dites juste que vous êtes vraiment une sous-merde grincheuse pas comme tout le monde, ou alors (hypothèse plus flatteuse mais peu probable) que l'une de vos ancêtres a fauté avec un Dracula en goguette.
Bref, c'est comme ça, j'y peux rien.
Mais l'avantage dans tout ça, c'est que les jours où il fait froid, ou bien gris ou encore froid ET gris, qui c'est qui sourit à la vie alors que tout le monde grogne qu"y fait vraiment un temps de M....!"? Hmm? C'est Guigui!!

(1) Je ne parle ici que du soleil de nos contrées justement pas adaptées au soleil qui pique. bizarrement, je me sens (presque) comme chez moi dans les pays secs au chaud (méééééditerrrrrannnnééééééeee!!!)
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"Je sais que je..." Roman chapitre 0

et voui!!! c'est parti pour un premier roman, et vous n'allez pas y couper (enfin, bien sur que si, il vous suffit pour cela de cliquer "with the mouse" sur la petite croix rouge en haut à droite, mais bon...)
Malgré quelques petits éléments de fiction pouvant apparaître un peu tragiques, vous verrez que c'est un récit plutôt optimiste.

Je vous laisse donc vous confronter avec le premier chapitre des aventures de Juliette (non, pas celle-là, une autre!)

épisode 0

Livre I : « L’annonce faite à Juliette »

0

Vous le voyez le numéro de ce chapitre ? Un beau rond bien sombre, une lune de vide : 0... Juste ce qu’on voit quand il n y'a ni nuages ni soleil, ni rires dans les rues, rien de vivant. Il y'a tant de jours où je me promène sur l'asphalte, agacée. Non! Je vous mens… Mais, bien sûr, le mensonge est mon ami...
Je vous mens, même dans mes silences… Surtout dans ces silences où vous ne pouvez que projeter vos propres tristesses, joies, dégueulis sentimentaux. Je ne suis qu’une toile de peintre, vierge en ce qui vous concerne. Alors, non! Je ne me promène pas! Je hurle de ma marche forcée, sur de hauts talons car je suis tellement plus belle, plus TOUT que les cétacés qui laissent pisser leurs huiles et leurs excréments sur le bitume.
Même les bijoux, même les magasins de fringue, même les salons de thé et les expos puent le conventionnel, l’attrait du "bling" et encore du "bling" : la robotisation humaine : voilà ce que je vois!
N’allez pas croire que je me batte contre ce système, je joue avec… pour ne citer que les garçons que je méprise et que je n’accepte que très amoureux de moi, beaux et intelligents mais dotés, au départ, d’une insupportable assurance. Je m’arrange bien évidemment pour que l'«amour» qu’ils disent ressentir pour moi leur apprenne ce qu'est la souffrance : cette griffe saignante mêlant le goût fort et écoeurant du "blood" et du fer...
Et puis…quoi?...
Je rentre chez moi, je traîne les pieds. Et non! Je vous mens encore : je marche à toute vitesse comme si je voulais déchirer un être vivant ou encore m’écraser sur une poussette pleine. Le mioche pleure….ou pas... (si il a crevé ?) et puis la vie d’un enfant ça reste une vie, même si elle est courte, non?
Une vieille hurle, elle me gave, d’ailleurs elle est trop grosse et trop laide : si c’était sa gamine dans la poussette, je pense avoir arrangé la création divine….enfin divine…. C’est vrai, on n'entend jamais ce que ça veut dire: divine?! Si elle était si divine que ça, la création, on ne serait pas obligé de se casser tout le temps, de tout déranger et de devoir recoller les morceaux!
En plus, je fais ma pasionaria alors que je n'ai, mais aucun intérêt pour une quelconque vocation humanitaire.
De toute façon je marche si vite pour ne pas voir les gens, pour qu’ils ne puissent qu'entrevoir de ma beauté l’Idéal qu’ils n’auront jamais devant eux….et que je vais presque réussir à épouser grâce à Ana. Je suis Ana bien sûr, mais elle est aussi un être fort, jeune, qui me comprend et ce, quitte à m’envoyer les pires vacheries : « Tu ne seras jamais belle, tu veux rester fade!! Fade et grosse!!! Tu dois comprendre qu’il te faudra mourir pour accéder aux mondes des compréhensions absolues où plus rien ne te retient! » Où plus rien ne me retient… Mais pour aller où ?!!! Mais où??!! Et je crie de plus en plus fort...
Je sens deux mains qui me retiennent : «Lâchez-moi !!! AAAAAAARRGgh !!!!»
«Mademoiselle… Mademoiselle, calmez vous donc….» : deux charmants jeunes gens très calmes et posés me font dégringoler plus facilement que je ne le pensais de mon coup de hargne névrotico-hystérique. Surtout que je n’ai vraiment pas à me plaindre, on dira que la vie me gâte trop. Je crois que c’est malheureusement plus difficile que cela : c’est comme savoir qu’un fil, que dis-je, un léger papier de soie m’empêche d’appréhender la vérité telle qu'elle devrait être. Jugez bien cependant : je comprends bien le monde autour de moi, je peux même lui parler et mon visage, encore si laid, coordonne ses différents muscles pour donner quelque expressivité à ce qui me semble être la plupart du temps un triste figure de noyée. Mais qu’il est fatiguant ce masque, combien si lourd…
Comment je m’appelle ? Chloé... Je viens d’accompagner ma meilleure amie à l’hosto. Elle doit passer des examens médicaux……je crois que ça peut être grave…Elle le sent….
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Un long silence…….
Chloé se parle à elle-même :

« J’aurais bien aimé savoir ce que ça fait de passer un couteau dans le corps d’un passant, en prenant d’abord une salle vioque antipathique comme un cafard, ou alors un sale bourge de Neuilly pas bobo… Le sang sur les cheveux blonds et bien coiffés : ce doit être minéral, sensuel….
Je ne suis pas assez folle…mais cela me déplairait il vraiment ?! »
 Et elle éclate de rire sans aucune trace de cruauté : le rire banal d’une personne qui a passé une bonne soirée.
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"Je sais que je..." Roman chapitre 1

Enfin un chapitre1 normal pour la suite des aventures de Juliette (en fait on la découvre seulement maintenant)
1

Je m'appelle Juliette...
Quand j'étais petite, je voulais être écuyère. Pas danseuse...
Les autres petites filles voulaient être danseuses mais pas moi.
En réalité, je suppose que j'aurais voulu l'être aussi, mais j'aimais les animaux, alors être écuyère me semblait un parfait compromis.
Danser sur un cheval et virevolter dans les airs...écuyère...mi-femme, mi-cheval...
Je n'ai pourtant jamais fait de danse ni d'équitation. Du tennis, de la natation, du piano, beaucoup de piano...
J'aimais bien la musique mais je n'étais pas vraiment douée alors j'ai arrêté. Et puis avec le lycée, ça devenait difficile de continuer le piano...
Maintenant toutes les gamines rêvent de devenir "stars chanteuses" avec le désir flagrant d'être plus "stars" que chanteuses. Il y'a dix ans, elles voulaient être "stars top-modèles".
Et dans dix ans?
Au train où vont les choses, et une fois toutes les désillusions bien digérées, je pense qu'elles rêveront de devenir fonctionnaires ou tout simplement riches.
Gagner au loto, ce n'est pas mal non plus...Mais ça, il n'y a pas d'âge pour en rêver.
Ado, je m'imaginais vieille - à savoir à 30 ans- avec un super mari, des supers gamins, un super job et des supers amis.
Une sorte de wonder woman sans la tenue ringarde, ultra indépendante qui voyagerait beaucoup et aurait les hommes à ses pieds.
En l'occurrence, "les hommes" représentaient le seul garçon du collège dont nous étions toutes amoureuses et qui n'était pas du tout à mes pieds.
Je ne me souviens plus de son nom. Un beau gosse brun qui me faisait penser à Johnny Depp dans "21 jump street" : faux rebelle chic et toc.
Ça titillait ma libido naissante.
Bien évidemment il se "faisait" plein de filles même si nous n'en avions pas la preuve, mais nous le croyions sur parole.
Moi, j'étais trop petite et mal fagotée à mes yeux pour oser sortir avec lui.
Et puis...j'avais un appareil dentaire et il me semblait que personne ne pourrait s'intéresser à moi avec cette "superbe" grille d'égout.
Comme je n'osais pas sourire, j'avais l'air constipé et mal à l'aise.
Pourtant, quand je regarde les photos de classe de l'époque, je m'aperçois que je n'étais pas plus vilaine qu'une autre et même plutôt moins moche que la plupart.
Et maintenant?
Maintenant j'ai 30ans-ou presque- je suis célibataire, j'habite Paris, je suis relativement mignonne, rigolote et un peu sexy, je n'ai pas d'argent de côté et je suis une acheteuse moyennement compulsive. Juste assez pour avoir de réguliers découverts bancaires sans gravité.
Je chausse du 38, mesure 1mètre 65, je suis châtain foncé avec des reflets dorés (normalement, je suis tout simplement châtain pisseux mais les colorations reflets "blonde"font des miracles), j'ai les yeux noirs et je suis assez bien faite, avec, cependant, une poitrine trop inexistante à mon goût... J'oubliais... J'ai un job, un travail...
On peut le qualifier de "super" même si j'en doute parfois...
Je m'occupe des éditions d'une grande maison de disques : on préfère dire une "major".
Concrètement, je dois "développer des artistes".
Encore plus concrètement, si on remue la boue du show-biz, je formate les gamines "stars chanteuses". C'est à dire que je leur trouve un styliste bas de gamme qui leur donne un look- toujours le même- "décolleté chaudasse qui passera bien à la télé", un coach vocal (on ne dit plus professeur de chant) qui s'occupe de les faire chanter (moi j'appelle ça hurler!).
Je leur trouve encore un garde du corps, un titre "singlisable"(ne me demandez pas ce que c'est...je n'en sais rien...), quelques show cases (on ne dit plus "concerts" quand il y'a moins de cent personnes dans la salle) et deux ou trois pages "pipole" dans deux ou trois magazines et le tour est joué pour au moins 4 mois.
Puis on en prend d'autres plus frais, plus jeunes, avec de légères nuances à gommer et on recommence...
C'est, dans l'ensemble, un boulot sympathique qui m'amuse bien.
Je travaille pour le grand capital du spectacle!
Et dans 10 ans?
Dans 10 ans... Je n'ai pas à y penser...
Tout ça ne me concerne plus ...
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"Je sais que je... " Roman chapitre 2


 Suite des aventures de Juliette.
 
2

dessin: Gustav Klimt
Il me regarde comme si j'allais pleurer ou crier.
Le même regard que Julien quand il m'a dit qu'il me quittait.
Des yeux de saint-bernard pleins d'excuse.
Mais je n'ai envie ni de crier ni de pleurer.
Je viens d'apprendre que je vais mourir...
Tout a commencé par de légers maux de ventre, si légers que je n'y ai pas fait attention.
J’ai eu quelques malaises sans gravité.
Jusqu'à un certain lundi où je me suis évanouie dans le métro: un violent mal de tête comme si on me sciait le crâne, puis... plus rien...
Je suis donc allé voir un médecin qui ne m'a rien dit...
J'ai subi des électroencéphalogrammes, des scanners et un IRM : ils ne m'ont rien dit non plus...
Et puis l'hôpital m'a appelée.
Je n'étais pas vraiment inquiète.

Je suis allée ce matin à mon rendez-vous en pensant au cadeau que je devais acheter à ma mère.
 Je me suis assise dans la salle d'attente et j'ai lu de vieux Elle et des Voici encore plus vieux, complètement déchirés.
Je me suis remis un peu de blush et j'ai entendu mon nom.
Je me suis levée, j'ai marché, je suis entrée dans le cabinet du docteur Y et je sais que je vais mourir.
Je ne vais pas souffrir, j'aurai quelques malaises qu'on pourra traiter un peu et je vais mourir.
« Dans combien de temps, Docteur ? »
Il me regarde maintenant comme si j'étais courageuse...
C'est que je suis simplement sous le choc.
Un peu comme si ça arrivait à quelqu'un d'autre... Complètement anesthésiée !
« —Un an, un an et demi...
— Ah... »

Un ange passe...trépasse... Je sais, c'est un mauvais jeu de mots.
Si peu à vivre... Que vais-je faire de cette année ?
Je n'ai plus besoin de faire de régime avant mon dernier été. Je n'ai plus à me demander si Julien veut bien sortir avec moi et si je veux vraiment sortir avec Paul. Je n'ai plus à suivre l'avis des autres. Je n'ai plus à faire de plans d'avenir : mecs, enfants, vieillesse, retraite, la collection automne-hiver de l'an prochain...

Dois-je faire un testament ?
A qui léguer ma panoplie de bobo parisienne ? Ma collection de sacs faux ou vrais. Mes chaussures (Oh, mes sublimes sandales tropéziennes à 195 euros !), mes jupes, robes, pantalons, crèmes, maquillage. Mon chat (ah non, il est mort, c'est vrai !), mes peluches, mes idées...
Ni triste ni indifférente, je pense à tout cela.
Un ouragan dans mon cerveau...
C'est fou, mais je ne pense qu’à des choses bien futiles dans un tel moment.
Je vais fêter mes trente ans, mon dernier anniversaire.
Dois-je faire une énorme fête avec tous ceux que j'aime et leur dire au dessert :
« Au revoir à tous, je sais que je vais mourir ! », ou plutôt attendre le lendemain, quand tout le monde aura la gueule de bois et sera trop fatigué pour me plaindre ?
Je n'ai pas envie qu'on me plaigne...pas maintenant...
En fait je me rends compte, peut-être, que je vais encore faire un régime avant l'été. Que je ne vais pas distribuer mes fringues comme si je me retirais au couvent et que je vais encore me demander si Julien, Paul, Pierre ou Jacques sont faits pour moi...
La force de l'habitude ?...
Ou alors, suis-je tout simplement contente de ma vie ?
Assez pour vouloir en profiter telle qu'elle est.
Une minute, deux minutes passent et je change d'avis.
Non, cette dernière année ne sera pas comme les autres !
Je vais oser tout ce que je n'osais pas auparavant !
Je vais être aguicheuse, allumeuse, coléreuse, vulgaire, hyper-lookée, bêcheuse et hautaine avec un rire gras !
Je vais me taper plein de mecs... une vraie chienne...
Deux minutes repassent... trépassent...
et je rechange d'avis...
Voyons cela demain...ou un autre jour...
*
« Dernier arrêt, tout le monde descend ! »
Je sursaute ! Est-ce Dieu qui me parle déjà ?
Non, j'ai tout simplement raté ma station de métro ! Zut et zut, je vais devoir repartir en sens inverse, reprendre la correspondance et arriver en retard au boulot... Zut et encore zut et même merde !
Tiens, je suis près de chez ma grand-mère.
Elle a déjà commandé son cercueil, elle !
Je pourrais peut-être lui demander de me le prêter pour savoir comment c'est ?
Peut-être même dormir dedans comme Michael Jackson ?
Font-ils des cercueils griffés Vanessa Bruno ?
La journée passe tranquillement.
Rien de neuf au travail : des coups de fil, mon assistant qui a passé « un super week-end avec un super mec » comme toutes les semaines, et moi, avec ma bouteille d'eau minérale pour m'hydrater et ne pas prendre de poids.
Ah si ! J'ai pris deux Mars au distributeur. Après tout, je peux bien me faire ce petit plaisir.
Je rentre chez moi, je n'ai pas raté ma station...
Dans la cuisine trône encore le panier de Bubulle, mon chat qui louchait.
Un chat énorme, castré et tellement câlin.
Il m'aimait bien je crois : moi, et pas seulement les filets de colin et de rouget dont je le gavais.
Et puis, il est mort... de vieillesse...
C'est un peu injuste car moi, je vais mourir jeune... Peut-on mourir de jeunesse ?
Je pense à moi, à mon âge. Aujourd'hui, surtout à Paris,29 ans, c'est bien jeune.
Mais il y a 700 ans, c'était une moyenne d’espérance de vie. J'aurais été une vieille femme, déjà grand-mère, tout édentée...
Alors, de quoi je me plains ?!
Mais de rien justement !
C'est ça le pire...
C'est toujours comme si ça arrivait à une autre.

D'ailleurs, je m'endors et je vais me réveiller...

Et je me réveille en pleine nuit. Je n'ai plus sommeil.
Une phrase du Docteur Y me revient à l'esprit:
« Nous avons un service d'aide psychologique avec d'excellents thérapeutes qui pourront vous suivre. Vous pouvez y allez quand vous voulez.
—Ah ?... »

Ça tombe bien... Je n'ai pas envie d'y aller.

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