Les petits romans

Parce que nos vraies vies ne sont pas toujours de grands romans, mais que dans nos vraies vies il y a plein de petits romans, un blog avec des petits romans de nos vraies vies et aussi des vrais romans qui racontent de fausses vies.
Vous n'avez pas tout compris? le mieux c'est encore de lire...

mercredi 5 octobre 2011

"La fosse aux serpents"

Et oui, "les petits romans" plongés dans une vague de semi-vacances prolongée en pause forcée renaissent peu à peu de leurs cendres avec un post ciné au titre quasi apocalyptique.
Je prévoyais tout d'abord reprendre le blog avec un post sur "le petit Carla illustré" ou "comment décrypter notre première dame", ce qui n'est pas si évident que ça, croyez-moi!
Cependant, un film visionné il y a quelques mois courait et volait dans ma mémoire, un film si impressionnant d'intemporalité qu'il me fallait bien vous le présenter. Ce film date de 1948 et s'appelle donc "la fosse aux serpents" (en angliche : "the snake pit").
Je ne suis pas critique ciné et ne possède pas le vocabulaire technique ou le champ lexical approprié pour vous décrire les divers plans américains, fixes ou camerounais (ou autres!) ni les jeux de caméra, de travelling, etc... Mes compétences sont plutôt de l'ordre du "J'aime, j'aime pas!"
Je vais donc faire un léger effort explicatif car je concède que le "j'aime-j'aime-pas" est un peu court en somme.
Je dois tout d'abord vous conter (tel le barde paresseux que je suis) ce qui m'a amené à regarder ce film. Je suis pris, de temps en temps, de vagues de nostalgie et d'envie de films en noir et blanc où le crépitement de la caméra, le grésillement de la musique et le jeu parfois vieillot des acteurs  vous plongent directement dans un temps-que je n'ai bien sur pas connu-mais qui parle à tout amateur de soirée "cinéma de minuit" (oui, avec le générique que vous savez!) au coin du feu. Et là je m'enfile des tonnes de vieux films (spécialement ceux des années 30 et 40) parfois pas spécialement réussis. Le vieux film en N et B n'est pas forcément gage de qualité, les bouses ayant existé de tout temps, croyez-moi!
Puis, après un rapide passage sur la liste des films 40's d'Allociné, je décide de mater (un peu sans grand enthousiasme) "la fosse aux serpents". Le thème me paraissait intéressant, mais j'avoue que la présence de l'actrice principale, Olivia de Havilland, me laissait perplexe. Ben oui, dans ma grande non-culture ciné à donf, cette actrice ne m'avait laissé qu'un vague et pas top souvenir dans la méga-giga-superproduction de l'époque :"Autant en emporte le vent". Certes, ce film est quelque part un chef d’œuvre, mais il est aussi un peu trop mélo à l'eau de rose à mon goût et, même si je n'ai pas boudé mon plaisir en le voyant, assez inégalement joué. Quant à miss de Havilland, elle y est franchement nunuche!
Puis... visionnage de "la fosse aux serpents"... et je reste sans voix! Mille excuses à Melle de Havilland si elle parcourt ce post!! Car, le saviez-vous, cette légende de Hollywood est toujours vivante et réside même régulièrement en France.
Mille et mille excuses car elle est véritablement, dans ce film, une des plus puissantes actrices que j'ai jamais vue! Tout d'abord, sachez que ce film à la réalisation incroyablement moderne est volontairement sobre: sobriété des lieux, sobriété des lumières, sobriété du jeu, etc... Il est volontairement spartiate sans être aride. Les thèses psychologiques présentées dans le film sont les seules choses qui aient vieilli. Ce film ne "fait" absolument pas "années 40". Je ne pourrais même pas dire qu'il "fait moderne". Il est tout simplement, je le redis, intemporel. L'actrice, pas maquillée du tout, chose rare pour Hollywood, surtout à l'époque du glamour, présente tous les visages de la folie sans que le trait ne soit forcé à aucun moment. J'ai rarement vu un acteur faire évoluer son personnage  avec autant de force,  et en quelques secondes, sans presque changer quoi que ce soit de son expression physique. En fait, c'est tout simplement indescriptible. Le côté glaçant du film, presque clinique, vient appuyer cette sensation de "vertige venu d'on ne sait où". Le regard de l'actrice m'a trotté dans la tête jusqu'à maintenant, et c'est peut-être bien pour essayer de m'en défaire un peu que je glisse ici quelques phrases maladroites à propos de "la fosse aux serpents"...qui sait? lol.
Bref, cherchez-le, téléchargez-le et regardez-le. Ce n'est pas un divertissement, ce n'est peut-être pas un chef d’œuvre absolu (quoique!), mais c'est plus qu'un film... Intemporel je vous dis!!


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