Les petits romans

Parce que nos vraies vies ne sont pas toujours de grands romans, mais que dans nos vraies vies il y a plein de petits romans, un blog avec des petits romans de nos vraies vies et aussi des vrais romans qui racontent de fausses vies.
Vous n'avez pas tout compris? le mieux c'est encore de lire...

vendredi 1 juillet 2011

L'invitation au rêve...

La nuit tombe... Le sommeil caresse les paupières... Allongeons-nous alors dans notre petit espace clos, notre "moi", notre"nous" à nous, glissons-nous dans les draps de nuit de notre lit...
Voici un espace merveilleux, ou redouté quand l'insomnie guette de ses doigts crochus, mais qui reste notre jardin secret le plus discret. Lit de roi-soleil, lit de courtisane, lit design aux contours épurés, lit de cantatrice ou de sportif, lit d'amour et d'intimité, lit d'enfant ou lit-bateau...
Ce lit-bateau me fait d'ailleurs rêver... Quelle douce promesse de voyage nocturne que ce lit qui vogue dans le soir. Suffit-il alors, dans la coque de ce navire, de fermer les yeux pour danser dans l'enchantement de la nuit? Ou faut-il incanter dans un souffle quelque enchantement encore inconnu?
Lit de naissance et de maternité, lit de connaissance et de volupté, lit de justice ou de mort... Le lit, invitation à la vie, compagnon du voyage.
Lit qui accompagne le petit-déjeuner le plus touchant qui soit. Lit qui accueille dans ses bras moelleux les premiers pas du tout petit qui vous réveille (trop) tôt le matin, la famille au grand complet...parfois la solitude trop pesante qui se berce d'espoirs dans le duvet.
"La nuit étoilée", Van Gogh
Le corps allongé se rapproche des étoiles, détend le fil des jours et réinvente dans son "moi" les réalités les plus ternes, les pare d'absurdités rocambolesques pour faire vivre le rêve.
La nuit tombe, le corps s'allonge, le lit s'éveille et dessine un sourire sur ses oreillers. Le corps s'allonge, la tête penche sur le duvet, la plume lisse ses poussières de rêve ou de cauchemar et susurre à votre oreille intérieure que vous n'êtes déjà plus là, que le jour abdique ses couleurs trop bruyantes en faveur des reflets mystérieux et inquiétants du soir. Le lit détend ses muscles, assouplit ses pieds, relève sa tête, et s'élance vers la lune...
Vous n'avez plus votre âge, vous n'êtes plus homme ou femme, vous êtes roi ou démon, prince de la forêt, visage pâle dans le soir, fils ou fille de la lune.
La lune arrondit son ventre, enfante le soir, bruit de mille et un silences et tourne lentement autour de votre sommeil.
Les rayons de lune font dériver le lit à l'infini... peu importe, car il invente et réinvente sa route.
Le vaisseau aborde des horizons méconnus et tisse sa toile, vous en êtes le corsaire et vous ne le savez pas encore...pour le moment...
Le lit-bateau, le lit de courtisane ou de roi, d'ange ou de diable, tournera encore bien des nuits avant que le sommeil ne cesse de vous alanguir... vers la vie...
"Pierrot lunaire", Paul Klee(1924)
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