Les petits romans

Parce que nos vraies vies ne sont pas toujours de grands romans, mais que dans nos vraies vies il y a plein de petits romans, un blog avec des petits romans de nos vraies vies et aussi des vrais romans qui racontent de fausses vies.
Vous n'avez pas tout compris? le mieux c'est encore de lire...

vendredi 8 juillet 2011

Le petit zoo de Michel Pastoureau

Aujourd'hui, retour à un vrai post informatif et culturel (sans être prise de tête, bien entendu). Parce qu'il n y a quand même pas que Simone Bertière comme conteuse de l'Histoire dans le monde (et ce, même si je lui voue-presque-un véritable culte), je vous présente Michel Pastoureau, historien doté d'un réel talent-lui aussi-pour enseigner l'Histoire sans en avoir l'air. Sa particularité est de se faire l'historien de ce qu'on laisse-malheureusement-de côté dans la "Grande" Histoire. Il est, entre autres, l'auteur de l'Histoire du Bleu et de celle du Noir(oui, oui, les couleurs!) et, ce que je vais essayer de présenter ici, de "L'ours, Histoire d'un roi déchu", et de "Les animaux célèbres", tous deux retraçant, non pas l'Histoire zoologique des animaux ou de l'ours, mais leur véritable Histoire, c'est à dire leurs liens historiques et culturels avec la société humaine, leurs symboliques, etc... Dis comme ça, on pourrait craindre le ton universitaire ou élitiste, et bien on aurait tort! Michel Pastoureau aime ses animaux avec un cœur gros comme ça et cela rend très vivant le ton de son Histoire, sans tomber dans l'anecdotique inutile puisque, comme il le dit lui-même, l'Histoire vue du côté animal en a d'abord beaucoup à conter sur l'Homme...
Prenons comme premier exemple l'ours. Et oui, chers amis, avant d'être le roi des animaux en peluche, notre ours fut tout d'abord, et avant que le lion ne le détrône, le roi des animaux! Et ce, jusqu'au 13ème, 14ème siècle, environ. Dans les sociétés celtes et surtout germaniques, où le lion ne constituait pas un animal autochtone, il était logique que l'ours, fort, féroce (et oui), dangereux et avec quelques apparences anthropomorphiques, soit le roi de la forêt(et non, ce n'était pas le cerf, longtemps considéré comme peureux). le "Bersek" en est une parfaite illustration : ce guerrier pris d'une véritable rage guerrière s'apparentait lui-même à l'ours. Ce qu'on traduirait actuellement comme "fort comme un lion" se disait donc "fort comme un ours". Autre exemple du culte de l'ours dans ces société européennes germaniques et celtiques (dont nous sommes un peu les descendants): le roi Arthur dont l'étymologie signifie "ours" (du celte "Arz", bien que ceci puisse se discuter, bien entendu); ce roi Arthur étant très fortement issu de la mythologie celtique, rien d'étonnant. Et la liste est longue des héros de ces mythologies germanique et celtique ayant comme parent un ours(et oui!).
Alors pourquoi l'ours n'est-il plus le roi? Et bien, réponse dans le formidable bouquin de Michel Pastoureau (vous croyiez vraiment que j'allais vous dévoiler le mystère?! Gnark gnark!) Autre livre parfaitement réussi et plutôt amusant à lire(tout en apprenant plein de trucs!): "Les animaux célèbres" du même auteur. Sous forme d'anecdotes présentant tel ou tel animal célèbre tout au long de l'Histoire, on en apprend de belles, avant toute chose, sur l'être humain...et parfois pas dans le bon sens!
exécution de la truie de Falaise
En témoigne le chapitre de ce livre concernant le procès de la "truie meurtrière" (non, on ne parle pas de Pam Anderson ni de Mariah Carey!). Vous ne rêvez pas! En 1386, une truie fut jugée, torturée et condamnée pour infanticide! Et quand je dis "torturée"... jugez plutôt : en habit d'homme(?), on la traina dans toute la ville, on lui trancha le groin et une patte, puis on lui colla un masque d'homme sur le groin ensanglanté(pour humaniser l'horreur?), on la pendit par les pattes de derrière, on l'étrangla, on la re-traina à travers la ville, etc... mais que faisait donc Brigitte Bardot?!(si, elle était déjà là!) Ce que révèle avant tout ce chapitre, c'est l’utilisation accrue de la torture et d’une pénalisation sanglante (qu'elle concerne les Hommes ou les animaux d'ailleurs) à la toute fin du Moyen-Âge (période sombre de la peste et des guerres interminables), qui annonçait les "plaisirs" sanguinaires de la Renaissance.(Car, on ne le saura jamais assez, ce "Moyen-Âge" très tardif serait plutôt une "pré-Renaissance", et la Renaissance, sous ses dehors artistiques et culturels flamboyants, fut certainement une des périodes les plus violentes et extrêmes de notre Histoire)
Mais bon, rassurez-vous, de nombreux autres chapitres de ce livre sont nettement plus joyeux, on y parle même des sangliers d'Obélix(et donc des Celtes) et de Mickey ou Donald(si, si!), et c'est tout aussi passionnant.
Pour conclure ce post, je vous conseillerais un autre livre qui vous fera aimer et découvrir l'Histoire: "Les mérovingiennes", de Roger-Xavier Lantéri. Ce livre est tout aussi vivant et passionnant! Sous forme de mini-biographies aux allures romancées (et pourtant, rien de romancé dans les sources de cet ouvrage), l'auteur nous présente toute une palette de figures féminines représentatives de l'époque mérovingienne(486-714, environ), période assez mal connue et cependant tout aussi intéressante et riche que les autres.
Sur ce, je vous souhaite de bonnes lectures, et amusez-vous avec l'Histoire!

Lien  : les oeuvres de Michel Pastoureau.

PS: Pour cause de "semi-vacances" transformées en vacances plus du tout "semi", "les petits romans" s'absentent quelques temps mais reviendront prochainement (promis!) avec des posts encore plus indispensables, d'ici là bonnes vacances à tous!!!
Guigui
blog comments powered by Disqus
Une erreur est survenue dans ce gadget