Les petits romans

Parce que nos vraies vies ne sont pas toujours de grands romans, mais que dans nos vraies vies il y a plein de petits romans, un blog avec des petits romans de nos vraies vies et aussi des vrais romans qui racontent de fausses vies.
Vous n'avez pas tout compris? le mieux c'est encore de lire...

mardi 7 juin 2011

Le supplice du Menu!

Il est des cauchemars récurrents qui vous traumatisent un Homme! Le mien a les couleurs et l'odeur d'une carte de restaurant!
A priori, me direz-vous, rien de plus plaisant et sympa qu'un menu de resto.Certes... Mais pas quand, comme moi, vous mettez 3 heures à choisir! Tout d'abord, une sortie au resto réussie répond, selon moi,  à plusieurs critères draconiens : un cadre original, sympa et accueillant (foin de ces restos trop blancs qui vous explosent les yeux et vous empêchent, au final, de bien bouffer); un service chaleureux et pas trop "j'me la pète grave" (pas si évident à Paris); une bouffe qu'on ne ferait pas forcément chez soi, à la fois un peu (mais pas trop quand même) originale et, surtout!, copieuse!! Ben oui, je suis un gourmet-goinfre qui aime avoir une assiette qui représente à peu près tout ce que le resto choisi peut offrir de bon. Le menu "découvertes" aurait donc ma faveur, mais ce menu fourre-tout destiné aux goinfres indécis tels que moi n'est malheureusement disponible que dans trop peu de restaurants...
Alors, le cauchemar commence. Je scrute les assiettes des voisins, je les hume au passage, je les regarde l'oeil hagard, prêt à millimétrer leurs contenances. Je fais des "heu, ben.. Y a quoi dans le machin? Et avec le truc je peux avoir ça ET ça?" etc... Bref, j'emmerde le serveur et la ou les personnes de ma tablée.
mais je n'y peux rien : je veux LE plat le plus fin, le plus copieux, le plus original et qui présente un rapport qualité-quantité-prix imbattable! Le Saint Graal, tout simplement...
Une fois le plat choisi, on pourrait penser que je me détends enfin du calbute pour profiter de conversations forcément choisies, l'humeur disponible et allègre pour mes convives. Que nenni... Se bousculent dans mon cerveau polynévrotisé de sombres, très sombres pensées : "Merde, je suis sûr que j'ai pris le plat le moins bon! Est-ce qu'il a compris que si je demandais des pommes sarladaises et des épinards, c'était pas pour me retrouver avec une mini portion de chaque? AARGH, j'aurais du prendre le plat de ce mec là-bas, à l'autre bout du resto! Est-ce qu'il va me servir en même temps que les autres?"etc...

C'est là que les restos japonais font bien les choses (quand ils ne font pas de pub mensongère) : fournir les photos des menus et plats à choisir. Reconnaissons que c’est une avancée capitale dont bien de nos restos devraient s'inspirer, même si ça rend la carte pas "classe" et cheap. (mais mon ventre goulu n'en a rien à péter de la "classe" et du chic dans ces cas-là!)
Et puis de belles photos de navarins et autres bourguignons feraient saliver et perdre la raison du porte-monnaie, du moins en ce qui me concerne.
En attendant cette avancée technologique capitale, je continue donc à me réciter des litanies de "merde, merde, merde, merde et merde!" intérieurs.
Et quand le plat arrive? Et bien généralement, je suis relativement satisfait et soulagé que mon choix soit peut-être le bon... Quoique les assiettes de mes voisins ont l'air pas mal... Pas mal du tout même!... "Dis, je peux goûter? Hmmm, c'est vachement bon!! Quoi? tu veux goûter à mon plat?! ça va pas bien, non?!!! c'est MON plat que j'ai mis toute la souffrance du monde à choisir, goujat(e)!"
Bon appétit à tous!
PS : il va sans dire que je veux également le plat le plus imbattable niveau quantité-prix-qualité ET qui ne fait pas grossir, voire qui ferait maigrir. Comment ça "dans mes rêves"?!
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