Les petits romans

Parce que nos vraies vies ne sont pas toujours de grands romans, mais que dans nos vraies vies il y a plein de petits romans, un blog avec des petits romans de nos vraies vies et aussi des vrais romans qui racontent de fausses vies.
Vous n'avez pas tout compris? le mieux c'est encore de lire...

lundi 9 mai 2011

"Portrait de créature", chapitre 4-4

Portrait de créature – Chapitre 4

4


Je ne retournerai plus jamais dans le royaume qui fut mien…Mais je ne peux disparaître et serai éternelle. J’ai mis mon cœur et mon esprit dans les eaux de ce Lieu qui est le mien, chaque être m’y appartient.
Une jeune fille brune de 16 ans m’a choisie pour compagne, je lui ai appris en retour le chant qui est le mien. Je lui ai appris à converser avec les ruisseaux et la verdure de ce Lieu, à ne faire qu’une avec mes chers Êtres. Elle m’a rejoint à tout jamais, mais il semble que cela ne plaise pas à certains mortels de ce Lieu. Quand comprendront-ils donc que nos serments anciens les lient à jamais à la servitude des Esprits ?
J’entends le chant des louves et des Êtres…J’entends le cri des oiseaux qui furent sereins…Dans la nuit, je perçois comme un cri de détresse. Les vils mortels qui me renient prononcent l’anathème sur ceux qui sont mes vassaux. L’un d’entre eux m’appelle sous le manteau céleste de la lune. Je vole en tous sens pour le secourir…Il se meurt sous les coups de ses pairs…Je vole en tous sens pour le venger et mes chers Êtres me guident et en appellent au sang…Son cri est de plus en plus faible dans la nuit…Il se fait murmure de solitude…J’arrive trop tard et sa dépouille de jeune homme aux yeux de loup affamé me dévisage du fond des âges…Et je pleure en silence le nom qui fut mien « Whenilia, Whenilia, Whenilia… »

Je me réveille en sursaut et en sueur…Je viens de faire ce rêve étrange et passablement angoissant où j’étais la Whenilia des contes d’ici. J’ai vraiment eu l’impression d’être elle et de voir à travers ses yeux. Je revois encore le cadavre de ce jeune homme aux yeux de loup qu’il me semble reconnaître…Encore tremblant, je m’assieds au bord de mon lit. Il fait nuit …J’ai l’impression que quelque chose se passe dehors. Je me lève et tire doucement les rideaux : la lune est aux trois quart pleine, aussi une lueur blafarde baigne-t-elle toute la campagne. J’entends le cri de quelques oiseaux de nuit, certainement des chouettes ou un hibou, mais ce n’est pas cela qui retient mon attention. Deux silhouettes se profilent au loin, à la lisière de la forêt, elles courent, ce qui ne paraît guère normal. Je n’allume pas la lumière de ma chambre car une angoisse m’étreint soudainement. Je voudrais me rassurer mais, c’est plus fort que moi, j’ai le sentiment que quelque chose de grave vient d’arriver.
Je ferme les yeux pour me calmer un peu mais je m’aperçois que c’est inutile. Tous mes sens sont en éveil, j’entends le moindre souffle, le moindre bruit et ma peau frémit comme si j’étais plongé dans un bain glacé. Bizarrement, je sens qu’on me regarde, ce qui n’est raisonnablement pas possible, mais la raison ne semble pas régner ici bas cette nuit…
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