Les petits romans

Parce que nos vraies vies ne sont pas toujours de grands romans, mais que dans nos vraies vies il y a plein de petits romans, un blog avec des petits romans de nos vraies vies et aussi des vrais romans qui racontent de fausses vies.
Vous n'avez pas tout compris? le mieux c'est encore de lire...

lundi 9 mai 2011

"Portrait de créature", chapitre 4-2

Portrait de créature – Chapitre 4

2
 
 La débâcle d'une famille qui a certainement été riche est toujours douloureuse pour ceux qui doivent y remédier. Surtout quand on a encore en mémoire les heures fastueuses d'une demeure telle que celle de ma famille.Nous buvons tous deux e silence. Victor pose son verre doucement et regarde par la fenêtre d'un air sombre. Je me retourne et vois Lucien dans la cour.Victor soupire et me demande :
« Comment ça s'est passé au village ?
- Je suis passé au presbytère!
- Ah » Il semble attendre la suite.
« Je n'ai rien appris de plus sur mes parents.
- Surtout sur Whenilia, j'imagine.»Il a souri en disant cela, d'un air un peu triste et amical.
« En effet, je n'ai rien appris sur elle.
- Et tu ne sauras sans doute rien. Whenilia est à la fois une légende du coin et le nom de ta mère. Les deux se sont étrangement mélangés dans l'esprit des gens d'ici. Notre mère nous racontait souvent l'histoire de la reine des Êtres. Mais rien sur ta mère Whenilia. Ça devait être une femme assez bizarre pour s'être donné un tel nom.
- Tu ne crois pas que Whenilia aie été son véritable prénom.
- Oh, non- fait-il d'un air étonné- c'est juste une histoire.
- C'est ce que m'a dit le père Virot
- Ah » répond-il ironiquement, « pour une fois, ce vieux bonhomme n'a pas complètement tort. La seule explication plausible est que ta mère ait été une gitane qui se soit donné ce nom pour impressionner le Lieu. Et puis elle est partie.
- Oui, elle est partie. » Victor continue à me regarder en souriant :
« N'y pense pas trop, cette histoire est étrange, je te l'accorde, mais après tout nous t'avons retrouvé, tu as fait notre connaissance et ça, c'est concret et c'est le principal.»
J'acquiesce en hochant la tête. Ce raisonnement est limpide et rassurant. Nous buvons un verre, puis un autre. Les autres reviennent. La soirée se passe tranquillement, sans remettre sur le tapis Whenilia et la forêt des Êtres ni même ma visite au presbytère. C'est mieux ainsi. Tout le monde est calme, souriant. Je monte me coucher, serein et fatigué. Jamais je ne me coucherais de si bonne heure à Paris, mais il faut croire que l'air de la campagne m'épuise, à moins que ce ne soient les émotions. J'oubliais : Lucien manquait à l'appel, il n'a pas passé la soirée avec nous. C'est sans doute pour cela que notre dîner a été si paisible. Et personne ne s'est inquiété de son absence.
À peine la tête posée sur l'oreiller, je m'endors.
blog comments powered by Disqus
Une erreur est survenue dans ce gadget