Les petits romans

Parce que nos vraies vies ne sont pas toujours de grands romans, mais que dans nos vraies vies il y a plein de petits romans, un blog avec des petits romans de nos vraies vies et aussi des vrais romans qui racontent de fausses vies.
Vous n'avez pas tout compris? le mieux c'est encore de lire...

lundi 9 mai 2011

"Portrait de créature", chapitre 3-7

Portrait de créature – Chapitre 3

7
 
 
« Ah le voilà ! » Dit-il en saisissant un vieux livre à la couverture noire et sans titre… Il me le présente et, toujours avec son rictus souriant, me dit :
« Vous pourrez trouver un semblant d’explication dans ce livre. Rien n’est à prendre au sérieux dans ce recueil de stupidités locales, mais vu l’esprit de votre mère, ça ne m’étonnerait pas qu’elle s’en soit inspirée…Je vous laisse à cette instructive lecture car je dois aller voir mes ouailles »
Un grincement de porte accompagne son départ (décidément on ne connaît pas l’huile dans le coin !) et je m’installe aussi confortablement que possible dans le fauteuil ecclésiastique.
J’ouvre le recueil à l’odeur peu amène et je lis :
« Les Êtres et les Lieux de leur vie, mœurs et légendes
de la reine Whenilia »
Il est dit que, dans les temps anciens, aucun être humain digne de ce nom ne vivait au domaine du Lieu. Il est dit que les bêtes et les arbres y faisaient leurs lois. Lors, vivait une reine parmi eux, esprit féminin de la forêt et des cours d’eaux. Venue d’on ne savait
où, on la disait épouse déchue de l’enchanteur Mayrlin. Il est dit aussi que toute la région, il y a plus de 1000 ans, était couverte de forêts où seuls vivaient quelques hommes restés sauvages, entièrement dominés par ce qu’ils appelaient les Etres.
Les Êtres se présentaient à eux sous les formes diverses et variées des animaux sylvestres ou encore des fleurs des bois. Certains hommes vouèrent même un culte particulièrement étrange à la mer, rendant des offrandes dans une grotte, sous une des plus hautes falaises du Lieu.Il est dit que la reine des Etres venant d’au delà des mers, c’était une manière de lui rendre hommage.
Elle était d’ailleurs apparentée aux sirènes ou aux nymphes des eaux et possédait comme elles le don d’attirer ses victimes par le son de sa voix. Il est dit que cette voix était un murmure incessant qui finissait en un rire inhumain et pourtant fragile.
Derrière chaque Être se cachait en réalité la présence de cet esprit féminin, communément appelé « Whenilia », mot vraisemblablement dérivé d’un dialecte local et qui signifierait «celle qui est là quand elle veut». Se présentant le plus souvent sous la forme d’une jeune fille brune, à la peau très pâle et aux grands yeux verts, de la couleur des fées, elle pouvait également revêtir l’apparence d’une ombre, d’une renarde ou même d’une rivière. En fait on ne sait trop si elle n’était pas une des formes de
l’enchanteur Mayrlin, plutôt que son épouse déchue.
Sans être un esprit malin, elle exerçait une influence malsaine sur les gens, les plongeant dans un état de rêve éveillé constant. Tous ceux qui se retrouvaient ainsi sous son enchantement en étaient grandement heureux mais n’aspiraient plus à rien d’autre que de rejoindre les Êtres.
C’est pourquoi il est recommandé de ne pas s’attarder dans les forêts du Lieu.
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