Les petits romans

Parce que nos vraies vies ne sont pas toujours de grands romans, mais que dans nos vraies vies il y a plein de petits romans, un blog avec des petits romans de nos vraies vies et aussi des vrais romans qui racontent de fausses vies.
Vous n'avez pas tout compris? le mieux c'est encore de lire...

lundi 9 mai 2011

"Portrait de créature", chapitre 3-1

Portrait de créature – Chapitre 3

1

« Et comment se porte notre cher frère ? Pas si bien que ça apparemment… »
Sa face de loup affamé me dévisage froidement. Il ne m’en faut pas plus pour que, troublé par ma promenade et le cerveau encore embrumé, je lui saute dessus en le secouant comme une feuille :
« J’en ai marre !!! J’en ai vraiment marre !!! Arrête tes sous-entendus ! Arrête de me regarder comme si j’étais un pauvre type !! »
Je hurle et m’apprête à le frapper. J’ai les nerfs qui lâchent et, la main tendue, prête à gifler…J’éclate en sanglots et tombe par terre…
« Là…là…calme toi… » C’est Lucien qui me parle, me tutoyant d’une voix presque douce. Il s’agenouille et me prend la main :
« Ne m’en veux pas. Je ne fais pas ça pour t’ennuyer et sache que je n’ai rien contre toi. Mais il y a des choses que tu ne sais pas…Bien des choses…Et je voudrais t’aider… »
Saisi, je lève la tête et le regarde, droit dans les yeux. Il ont toujours le même bleu intense, mais c’est une lueur amicale que j’y vois :
« Comment ça ?...Lucien ? Comment ça ?... »
Mon frère ne dit rien et ne semble plus me voir. Puis il montre du doigt la forêt des "Êtres" et me demande :
« Que s’est-il passé ? Tu sembles avoir passé un sale quart d’heure… »
Encore hagard et pas très en forme, je n’hésite pas à lui raconter ce que j’ai ressenti dans cette forêt. Il m’écoute patiemment, sans ’interrompre.
En finissant mon récit, je lui lâche :
« Voilà…Je suis certain que tu m’as pris pour un dingue, mais c’est pourtant juste ce qui s’est passé ».
Lucien ne paraît pas me prendre pour un fou, son expression grave et réfléchie me le montre.
« Je ne pense pas qu’on te prendrait pour un fou, si tu racontais ça…Bien au contraire…Du moins si tu racontes ça au gens d’ici, et c’est bien le problème. »
Il se lève et se retourne, comme s’il allait partir. Mais c’est un faux départ et j’entends le son de sa voix, triste et sauvage :
« Thomas ou plutôt Whenilis, car tel est ton nom, telle est ta vraie nature : ne raconte à personne d’autre ce que tu as vécu dans la forêt, à personne d’autre et surtout pas à nos frères et sœur. J’ai essayé de te faire partir, en me conduisant comme je me suis conduit…Mais maintenant je vois bien qu’il est trop tard. Tu as subi l’enchantement des Êtres, Ton Enchantement… »
Les jambes lourdes je me lève à mon tour et m’appuie sur un jeune chêne :
« Pourquoi Lucien ? Qu’est ce que cela signifie ? Je n’ai droit qu’à des mystères et des révélations toutes plus étonnantes les unes que les autres depuis que je suis arrivé.
Explique moi… »
Lucien me regarde à nouveau, la bouche frémissante, prêt à pleurer. Je ne sens que souffrance et doute en lui, et une immense compassion qui me concerne.
« Ils sont mes frères et sœurs et je ne les aime pas car ils sont le diable en personne. Moi, j’aimais mon père, je le comprenais…Il n’était pas heureux avec ma mère et les autres. Il n y a qu’avec Whenilia qu’il était heureux. Il était comme moi, touché par les
Êtres…et on nous a brisé ici, car personne ne doit aimer les fées… »
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