Les petits romans

Parce que nos vraies vies ne sont pas toujours de grands romans, mais que dans nos vraies vies il y a plein de petits romans, un blog avec des petits romans de nos vraies vies et aussi des vrais romans qui racontent de fausses vies.
Vous n'avez pas tout compris? le mieux c'est encore de lire...

lundi 9 mai 2011

"Portrait de créature", chapitre 2-4

Portrait de créature – Chapitre 2

4
 
Le café terminé, Victor me mène à ma chambre. C’est une belle pièce lumineuse, moins décatie que le reste de la bâtisse.
Victor pose mes bagages et me laisse m’installer. J’apprécie vraiment l’ambiance de cette chambre. Douillette, mais pas chargée de meubles.
Les tapisseries, d’un beau vert tendre, ne sont pas élimées et la cheminée pourrait héberger une famille (j’exagère, elle pourrait, à la rigueur, abriter une famille de nains).
J’en siffle de contentement. Une grande cheminée au pied du lit, ça me plait bien. Sans doute parce que j’en avais une dans ma chambre d’enfant.
J’entends des pas derrière moi . Victor a du oublier quelque chose. Et non ! C’est Bénédicte qui vient me parler.
« Thomas ?
- Oui ?
- Excuse nous pour tout à l’heure mais il y a des moments où Lucien est impossible. Tout de même, on n’aurait pas du avoir une scène comme ça le jour de ton arrivée.
- Ce n’est rien. Je suis de la famille, ne l’oublie pas, alors il va bien falloir que je m’habitue aux petites frictions entre frères.
- Ça ne se reproduira pas, tu peux me croire ! » Puis elle reprend après avoir réfléchi :
« Je voulais te dire qu’il ne faut pas écouter Lucien. Il a tendance à exagérer ce qu’il croit être la réalité. Tu as du remarquer que c’est un nerveux.
- Oh oui !
- Il est comme ça depuis enfant. Enfin moi, je l’ai toujours connu comme ça. Il ment comme un arracheur de dents, et le problème c’est qu’il a toujours des arguments formidables. Alors ne va pas croire un seul mot de ce qu’il peut te dire. Il aime bien faire son cinéma. Papa n’a jamais été assez ferme avec lui et maintenant, c’est un peu tard pour le dresser. J’essaie de faire ce que je peux
pour qu’il arrête ses bêtises, mais ce n’est pas facile. Henri me dit souvent qu’il est bon pour l’asile.
- Je ne pense pas. C’est, apparemment, un garçon tendu mais il m’a l’air d’avoir toute sa tête. De toute façon, toi et les autres compensez avantageusement son sale caractère.
- Ça c’est adorable » dit-elle en souriant. Elle a vraiment de charmantes fossettes… «on sait flatter à Paris.
- Ce n’est pas du tout de la flatterie. La situation est particulière et vous avez pourtant réussi à me mettre à l’aise.
- Pourvu que ça dure ! Bon, on descend te montrer les environs. Et puis il faut vraiment qu’on te montre la mer. Tu vas voir, du haut de la falaise, c’est magnifique ! »
Je me change donc et je la suis. J’ai une formidable tenue de promenade, très élégante.
Évidemment, elle est qualifiée de « confortable » et de « faite pour la campagne » par mon tailleur mais à voir l’air effaré des autres, je me demande si ce n’est pas pratique que dans les magazines.
« C’est superbe! dit Victor qui a visiblement envie de rire. Je rougis, penaud. Du coup ils éclatent tous de rire. (J’oublie de préciser que Lucien n’est pas avec nous, sinon il n’aurait certainement pas ri, ça ne doit pas être dans son tempérament.)
« Ne t’inquiète pas, reprend Victor, Henri te prêtera des vêtements plus adaptés pour ici. Son frère doit avoir la même carrure que toi, hein Henri ?
- Oui, fait ce dernier, ça devrait aller.
- En attendant, continue Bénédicte, ça ira pour la promenade qu’on veut faire tantôt. On ne va pas faire des kilomètres. Arsène ?
- Oui ?
- Où est encore passé Lucien ?
- Dis donc, je ne suis pas sa nourrice à celui là ! Et puis si c’est pour qu’il fasse la gueule, autant se passer de lui.
- On dit "faire la tête" ! le reprend sa sœur.
- Oh ça va, ne joue pas encore ta donzelle !Bon on y va ou on prend racine ? »
Je n’étais pas habitué à ces ambiances entre frères et sœurs.
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