Les petits romans

Parce que nos vraies vies ne sont pas toujours de grands romans, mais que dans nos vraies vies il y a plein de petits romans, un blog avec des petits romans de nos vraies vies et aussi des vrais romans qui racontent de fausses vies.
Vous n'avez pas tout compris? le mieux c'est encore de lire...

lundi 9 mai 2011

"Portrait de créature", chapitre 1-7

Portrait de créature – Chapitre 1 

7
 
 
Du coup je ne réponds pas. Je dois avoir l’air d’un gosse de riche méprisant mais tant pis.
Nous montons dans la carriole. Je remarque tout de suite le cheval qui la tire. C’est un superbe étalon d’un gris argenté, vraiment magnifique.
« Je vous présente Napoléon, me dit Henri en frappant de la main la croupe du cheval qui ne semble pas vraiment apprécier tant de familiarité. C’est tout ce qui nous reste de notre écurie.
- Ah, ma famille avait des chevaux.
- Bien sur ! me répond-il, interloqué. On en avait quinze avant.
- Et bien ! Et que s’est-il passé pour qu’il n’en reste plus qu’un ?
- Oh, heu, le manque d’argent je suppose… » Henri a lancé ces quelques mots d’un air vague en haussant les épaules. Visiblement il n’en sait pas plus.
Napoléon commence à trotter et moi je regrette déjà la présence d’une automobile.
Nous sommes mal assis, cahotés dans tous les sens et j’ai mal aux fesses. Aïe, aïe, aïe…
Nous croisons le peu sympathique homme au pardessus. Il marche nonchalamment et salue Henri sans pour autant sourire. Pas vraiment amical, le bougre !
Henri lui répond distraitement.
« Vous le connaissez ?
-Qui donc ? me demande- t-il
-Cet homme, que vous avez salué.
-Julien ? Oui, il vit pas loin du village. C’est une sorte de braconnier. Un peu bizarre mais pas méchant.Pourquoi ?
- Je ne sais pas…Il me semble qu’il était dans le même train que moi.
-C’est possible, il disparaît parfois pendant plusieurs jours et puis on le voit revenir, l’air de rien.
-Il est toujours aussi aimable
Henri éclate de rire
- Et encore, là il est dans un bon jour. Sinon il ne parle jamais. C’est un drôle de bonhomme qu’on n’ose pas trop approcher. Mais je vous assure que c’est plus un air qu’il se donne qu’autre chose »
Ce vouvoiement commence à me gêner. C’est vrai quoi, je ne suis pas si vieux que ça et nous sommes presque de la famille !
« On ferait mieux de se tutoyer, non ? ça serait plus simple. »
Il me regarde en rigolant (décidément il a une bonne nature)
« Effectivement, on ferait mieux de se tutoyer, mais expliquez bien que c’est vous, enfin toi, qui l’a voulu, sinon ma douce et tendre fiancée va m’étriper.
- Elle est si terrible ?
- On peut le dire ! En général c’est la plus gentille des filles mais elle a des idées et des principes bien à elle. Et quand elle a une idée en tête, elle ne l’a pas ailleurs. Ça, elle a du caractère ! D’ailleurs c’est elle qui mène la barque à la maison.
- C’est l’aînée ?
- Non, l’aîné, c’est Victor… Enfin pas vraiment vu que tu es là.
Je n’y avais pas songé, mais je suis maintenant l’aîné d’une fratrie. Moi qui était fils unique…
« J’ai combien de frères et sœurs ?
- Cinq.
- Hein !! Tant que ça !
- C’est pas si énorme que ça. J’en ai bien huit. »(Moi ça me paraît déjà énorme) «alors, tu sais, cinq…
- A part Victor et Bénédicte, qui sont les autres ?
- Et bien il y a Arsène, qui a 23 ans. Victor en a 26 et Bénédicte, 21. Il y a Lucien qui en a 18 et le dernier, Émile, qui a tout juste 12 ans. C’est un bon garçon, et les autres sont, dans l’ensemble, sympathiques.
- Dans l’ensemble ?
- Et bien Lucien est plutôt taciturne, on a du mal a lui décrocher un mot. Et puis j’ai l’impression qu’il ne m’aime pas trop. Il ne s’entend pas vraiment non plus avec les autres. Mais peut-être qu’avec toi ce sera différent. Il a particulièrement hâte de te rencontrer. »
blog comments powered by Disqus
Une erreur est survenue dans ce gadget