Les petits romans

Parce que nos vraies vies ne sont pas toujours de grands romans, mais que dans nos vraies vies il y a plein de petits romans, un blog avec des petits romans de nos vraies vies et aussi des vrais romans qui racontent de fausses vies.
Vous n'avez pas tout compris? le mieux c'est encore de lire...

mardi 31 mai 2011

Passe moi le Celte!

"chaudron" de Gundestrup
Pourquoi ce titre en référence à "Astérix et les Goths" (et donc aux jolis jeux de mots de René Goscinny) ? Et bien parce que les celtes, nos ancêtres (quoi que ceci puisse se discuter, comme tout ce qui concerne l'Histoire), on ne les connait pas vraiment. Par "on", je parle bien entendu du grand public et ne m'érigeant absolument pas en spécialiste-chercheur-bardé-de-diplômes sur la question, les éventuels spécialistes (ou autoproclamés tels) seront gentils de ne  pas venir  me titiller agressivement sur des détails à la con: oui, je suis un amateur, non je n'y connais pas grand chose, non, je ne maîtrise pas le vocabulaire scientifique adéquat et puis zut! Cette digression préventive passée, je peux donc simplement vous dire, entre amis, que j'aime l'Histoire! Je l'adore même! Le tout est qu'elle me soit présentée sous l'angle d'une possible identification. Dès lors, mémoires et autres témoignages (mêmes arides ou succins) de nos aïeux font mes délices. Car c'est à chaque fois un émerveillement de se rendre compte combien l'âme humaine est atemporelle et que j'aurais pu être copain avec Venance Fortunat ou Christine de Pisan. Il y a toujours eu des très cons, des pas cons et des moins cons, seul change le fait qu'à l'époque, ben y avait pas d' Ipad! Je n'en ai d'ailleurs pas encore moi-même et j'en chiale tous les jours! (Apple, si tu m'écoutes... Non? bon ben tant pis!)
Je suis longtemps passé d'une époque à l'autre au gré de lectures parfois fantaisistes et creuses pour, finalement, me laisser happer par le monde celtique. Je ne parlerai pas ici de l'imagerie druidique un peu glamour (qui ne reflète que très vaguement la réalité du monde celte) ni des "références" celtes qu'on peut voir ici ou là en Bretagne ou en Irlande (même si j'adore ça) et qui seraient d'ailleurs plutôt issues d'une relecture historico-touristique made in 19ème siècle! Ce n'est pas entièrement ce folklore là-que j'aime beaucoup-qui m'a fait découvrir le monde celte; un monde révolu, il faut bien le dire, depuis fort longtemps, mais dont les influences se devinent encore fortement maintenant et pas seulement chez les bretons ou les irlandais. De toute manière, pour couper court, les celtes, il y en  avait (à une époque déterminée) partout et ce même en Italie, voire en Turquie! Ceci étant dit, je m'y suis tout d'abord intéressé par la lorgnette du privé. Car une institution, celle du mariage, m'a ébahi de modernité!
Que dire d'une civilisation qui voit le mariage comme ceci : une institution souple plus proche d'un contrat à durée pas nécessairement définitive que d'une union sacrée aux liens indissolubles et pesants (héritage de ces putains de romains à la con plutôt que de l’Église, à proprement parler).
Théoriquement, les époux se choisissaient librement et lorsque la femme possédait plus de biens que son époux, c'est elle qui dirigeait les affaires du foyer familial sans avoir besoin de l'approbation du mari.  En cas d'égalité patrimoniale, l'un et l'autre des époux devaient demander l'accord du conjoint. En se mariant, la femme n'entrait pas dans la famille de son mari, elle appartenait toujours à sa famille d'origine et pouvait y retourner en cas de divorce. Si l'homme décidait d'abandonner sa femme, il devait s'appuyer sur des motifs graves, sinon il devait payer des dédommagements très élevés. La femme pouvait se séparer de son mari en cas de mauvais traitements (et vice-versa d'ailleurs), elle pouvait alors reprendre ses biens propres et sa part des biens acquis pendant toute la durée du mariage. Le divorce pouvait aussi s'effectuer par consentement mutuel, la séparation n'était pas liée à une quelconque culpabilité, c'était simplement un contrat qui cessait. Bien entendu, si l'homme était doté de plus de biens que sa femme, c'est lui qui dirigeait l'intendance familiale, mais dans les faits, ceci ne constituait pas la majorité des cas. Le mariage était tellement perçu comme un "simple" contrat qu'il était même possible de contracter ce qu'on pourrait appeler un "mariage à durée déterminée" renouvelable ou pas. Au bout de cette période d'union contractée, l'homme, tout comme la femme, pouvait décider de renouveler l'expérience ou non. Voilà une modernité qui n'est même pas à l'ordre du jour dans nos contrées Ipadisées à donf!(oui, je fais une fixette!) Alors pourquoi, mais pourquoi!, pourquoi n'a-t-on pas continué à "celtiser" le mariage comme ça? N'étant pas historien je ne donnerai qu'un avis purement subjectif :
1/ Ce n'était sans doute réalisable que dans un cadre territorial restreint (on administre plus facilement-pour le meilleur comme pour le pire-un petit pays qu'un empire gigantesque)
2/ A-t-on réellement respecté les termes de ces unions à l'époque? Où exactement? Et combien de temps?
3/ Rome, impériale, militariste et... très très machiste avec son droit tellement "libre"(sic) est passée par là et a malheureusement influencé une Église politisée au fil du temps(mais relativement tardivement : extrême fin du Moyen-Âge et surtout Renaissance, le tout en crescendo jusqu'au 19ème siècle. L'Église des premiers et "moyens" temps ayant été plus libérale et progressiste qu'on ne le croit)

Comme pour tout ce qui concerne l'Histoire, ces données sont à prendre avec de très larges pincettes : certainement que l'institution telle quelle n'a du, finalement, concerner que peu de gens à une époque très précise et sur un territoire restreint (puisqu’en Histoire comme pour tout, il convient de fortement relativiser : si les chercheurs du 30ème siècle ne trouvaient, comme seuls témoignages de notre monde actuel, que les Vogue et autres Elle et Biba, ils en déduiraient que nous faisons tous 1m80 et plus, 50 kilos maxi et avons 15 ans! X-file, donc!)
Il n'en reste pas moins que le simple fait d'avoir posé ces principes matrimoniaux relève, sur le fond, d'une grande humanité et d'un modernisme qui fait paraître le nôtre bien fade.
Je me suis bien entendu passionné pour bien d'autres sujets concernant ce très vaste monde celtique encore méconnu, mais j’espère que cette première ébauche d'introduction (un peu "accrocheuse" il est vrai) vous donnera envie d'en savoir plus.


Ne souhaitant pas mettre ici une bibliographie qui risquerait de paraître indigeste bien que passionnante, je vous conseillerais donc simplement un livre (qui dispose d'ailleurs d'une vaste biblio), excellente introduction sur les celtes, facile à lire et avec beaucoup d'images (et ça c'est cool!) :
L’Europe des Celtes - Christiane Eluère (Découvertes Gallimard)
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