Les petits romans

Parce que nos vraies vies ne sont pas toujours de grands romans, mais que dans nos vraies vies il y a plein de petits romans, un blog avec des petits romans de nos vraies vies et aussi des vrais romans qui racontent de fausses vies.
Vous n'avez pas tout compris? le mieux c'est encore de lire...

jeudi 19 mai 2011

le parisien qui fait "heulllôô!"


C'est bien connu : les parisiens de souche, il y en a peu et ce ne sont pas ceux qui sont les plus représentatifs. Le "vrai" parisien n'est pas né à Paris et n'y habite parfois même pas... Il en rêve, il se sent connecté à cette sublime ville bien crevante et le jour où il part y vivre, il découvre les joies (réelles) de la capitale mais aussi ses "petits"inconvénients.
j'ai pas trouvé de métro-qui-pue en photo!
Le premier de ces "légers" désagréments est le métro. Certes, c'est pratique, mais c'est crados, ça pue et c'est un excellent "remède" à la joie de vivre. Passez une semaine, ou deux ou même trois, de vacances paradisiaques et reposantes, revenez à Paris et prenez le métro, vous perdrez alors tout le bénéfice de votre séjour. Le métro, de toute manière, ça ruine tout : votre bonne humeur qui commençait juste à poindre, vos vêtements (surtout quand il fait chaud car-bien sûr-le métro parisien n'est pas climatisé), votre nez (comme j'ai dit: ça pue!) et vos tympans qui subissent le supplice des bruits stridents des rames qui crissent et les sons non moins stridents des "gens-qui-chantent-dans-le-métro" (y en a qui ont du talent, mais ça se fait rare)! Bref, j'aime pas le métro de Paris!
Et puis, oh joie!, à Paris, on n'est jamais complètement propre.Votre peau se recouvre d'une douce et fine pellicule noirâtre de pollution made in capitale, vos cheveux deviennent très vite huileux et mieux vaut parfois fumer une clope que respirer le bon air parisien. Bon, ça, c'est plus ou moins caractéristique de toute (très) grande ville, mais certaines d'entre elles s'en sortent quand même mieux que "Paris-la-ville-de-l'amouuuuuurrrr"!
Bref "I love Paris", mais parfois de loin. Mais je suis quand même devenu un vrai parisien.
Oui mais... Il y a des éléments de nos vies antérieures (et provinciales) qui nous sautent parfois méchamment à la gueule sans prévenir. En ce qui me concerne, ce sont surtout des expressions très raffinées qui fleurent bon la teurgoule (un plat fichtrement délicieux qu'il faut connaître. Rien que pour ça, vive la Normandie! : teurgoule qui donne faim!), le calva (hips!) et le camembert qui pue: je "toile" (prononcez "touèle") et je ne passe pas la "serpillière"; je reconnais une "clenche" mais pas une "poignée de porte"; je dis "ben oui, ben non!" et pas simplement "oui, non" et surtout, surtout!!, je dis "heullôô!", l'interjection la plus élégante que ma région natale m'ait légué... "Heullôô" me sort de la gueule environ toutes les trois minutes, ce qui brise à jamais le "charme" de mon accent parisien acquis au fur et à mesure des années.Quoique je ne sois pas bien certain que l'accent parisien soit vraiment élégant car il fait surtout prétentieux.
On pourrait penser que cette façon de garder quelques expressions du terroir au sein d'une élocution "so chic" soit seulement un snobisme de plus, j'avoue me poser parfois la question. Mais mon examen de conscience fait, juré-craché, je vous assure qu'il n'en est rien!
J'envierais presque certains accents (bon, pas l'accent du nord, ni celui du québec, je ne suis pas fan de l'accent du sud et...heu, en fait j'aime pas du tout les accents!!) et le diablotin normand qui sommeille en moi continue si joliment à sortir ses "heullôô!!"
Sur ce je vais devoir vous quitter temporairement car je dois "touèler" ma cuisine après avoir mitonné une bonne teurgoule.
Que le cidre, le calva, la crème et les rans (car on ne dit pas "bulots" en Normandie, on dit "rans"!) vous fassent dire plein de "heullôô!"
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