Les petits romans

Parce que nos vraies vies ne sont pas toujours de grands romans, mais que dans nos vraies vies il y a plein de petits romans, un blog avec des petits romans de nos vraies vies et aussi des vrais romans qui racontent de fausses vies.
Vous n'avez pas tout compris? le mieux c'est encore de lire...

mardi 10 mai 2011

"Je sais que je..." Roman chapitre 17

17

Assez chialé comme une madeleine !
Précisons que je n’ai plus de larmes et que même l’épluchage des oignons ne me fait plus pleurer. Je le sais, je l’ai testé hier soir : les yeux me piquaient mais les glandes lacrymales s’étaient taries.
Alex m’a ramenée du japonais, toute mollassonne et triste. Nous avons, bien sagement, passé la nuit ensemble : moi, dans ses bras, lui, dans mon lit.
Au petit matin, après une nuit quasiment blanche, j’ai eu droit à un somptueux café, du pain grillé et du beurre demi-sel. J’en ai profité pour pleurer encore.

Alice est venue le relayer au chevet des « chutes du Niagara » (c’est moi). Notons que la rencontre au chevet Alex-Alice s’est bien passée. De toute manière, j’étais au centre des préoccupations, alors reluquer les seins d’Alice ou la barbe mal taillée et le T-shirt cracra d’Alex n’étaient pas à l’ordre du jour.
Alex parti, j’ai encore pleuré. Ça n’a rien de glamour : nez en patate, yeux en fente de … (pas de vulgarité !), naseaux bouchés, joues flétries et sanglots de bébé asthmatique.
Chloé a remplacé Alice. Je lui ai gueulé dessus à propos de je ne sais quoi. Elle a chialé, j’ai continué à la sadiser et ça m’a presque fait du bien.
Alice est revenue. Chloé s’est barrée, sûrement pour aller gerber au fin fond de ses chiottes de merde !
Je n’y peux rien si les mortes vivantes qui se prennent la tête et l’estomac me rendent mauvaise…
J’ai de nouveau pleuré, mais cette fois-ci dans les bras tendres et sur le sein confortable d’Alice.
Et puis voilà…Arrêt maladie, fuite du boulot, coups de fil aux parents, à ma grand-mère (« Oh, ma pauvre chérie ! ») et Alice qui décide, dans un éclair de génie, qu’il me faut de vraies, de longues vacances : une coupure nette et bien franche. Je ne dis rien, je ne sais rien, je suis le mouvement. Ça ou autre chose…
Je ne serai pas moins morte en vacances qu’au travail, mais au moins serai-je bronzée.
Je ne veux rien faire : ni réfléchir ni organiser le voyage.
Surtout pas faire les valises, encore moins la bouffe, le ménage et autres conneries quotidiennes.
Alice s’en charge avec énergie, épaulée par ma mère et gênée par ma grand-mère qui ne sait pas être utile.
Pardi, on l’a uniquement élevée pour être futile et excentrique !
Nous partons 15 jours aux îles T dans un club « so chic » avec excursions et cocktails de champagnes compris. Cool ! Je serai une moribonde alcoolique mondaine. Est-ce qu’ils fournissent des gigolos à T ? On verra sur place… Aurai-je la force d’ouvrir les cuisses ? Ça, c’est une autre histoire…

Alice prépare tout : valises, médocs, maillots de bain avec brésiliens et autres tangas : « on ne part pas en maison de retraite, ma Juju, on part entre filles, pour se marrer ! »
Moi qui préfère les vacances au calme, à la montagne, loin des « superficialités balnéaires », je vais être gâtée…
Mais Alice a l’air de croire aux bénéfices d’une régression intellectuelle, aux bienfaits d’une « poufferie » occasionnelle, alors…pourquoi pas…ça peut marcher…Et puis, je me répète, mais ça ou autre chose…
Chloé ne nous accompagnera pas. Normal, elle serait obligée de manger. De toute façon…voir cet appareil à gerbe ambulant en maillot deux pièces, c’est au-dessus de mes forces.
Nous partons à 3 filles : Alice, une de ses copines que je connais un peu et que j’apprécie et moi, bien entendu, la star de l’année !
« Et dans les nominés pour la morgue 2008, l’heureuse gagnante est…Juliette ! » Clap clap clap ! La hola pour Juju !
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