Les petits romans

Parce que nos vraies vies ne sont pas toujours de grands romans, mais que dans nos vraies vies il y a plein de petits romans, un blog avec des petits romans de nos vraies vies et aussi des vrais romans qui racontent de fausses vies.
Vous n'avez pas tout compris? le mieux c'est encore de lire...

mardi 10 mai 2011

"Je sais que je..." Roman chapitre 0

et voui!!! c'est parti pour un premier roman, et vous n'allez pas y couper (enfin, bien sur que si, il vous suffit pour cela de cliquer "with the mouse" sur la petite croix rouge en haut à droite, mais bon...)
Malgré quelques petits éléments de fiction pouvant apparaître un peu tragiques, vous verrez que c'est un récit plutôt optimiste.

Je vous laisse donc vous confronter avec le premier chapitre des aventures de Juliette (non, pas celle-là, une autre!)

épisode 0

Livre I : « L’annonce faite à Juliette »

0

Vous le voyez le numéro de ce chapitre ? Un beau rond bien sombre, une lune de vide : 0... Juste ce qu’on voit quand il n y'a ni nuages ni soleil, ni rires dans les rues, rien de vivant. Il y'a tant de jours où je me promène sur l'asphalte, agacée. Non! Je vous mens… Mais, bien sûr, le mensonge est mon ami...
Je vous mens, même dans mes silences… Surtout dans ces silences où vous ne pouvez que projeter vos propres tristesses, joies, dégueulis sentimentaux. Je ne suis qu’une toile de peintre, vierge en ce qui vous concerne. Alors, non! Je ne me promène pas! Je hurle de ma marche forcée, sur de hauts talons car je suis tellement plus belle, plus TOUT que les cétacés qui laissent pisser leurs huiles et leurs excréments sur le bitume.
Même les bijoux, même les magasins de fringue, même les salons de thé et les expos puent le conventionnel, l’attrait du "bling" et encore du "bling" : la robotisation humaine : voilà ce que je vois!
N’allez pas croire que je me batte contre ce système, je joue avec… pour ne citer que les garçons que je méprise et que je n’accepte que très amoureux de moi, beaux et intelligents mais dotés, au départ, d’une insupportable assurance. Je m’arrange bien évidemment pour que l'«amour» qu’ils disent ressentir pour moi leur apprenne ce qu'est la souffrance : cette griffe saignante mêlant le goût fort et écoeurant du "blood" et du fer...
Et puis…quoi?...
Je rentre chez moi, je traîne les pieds. Et non! Je vous mens encore : je marche à toute vitesse comme si je voulais déchirer un être vivant ou encore m’écraser sur une poussette pleine. Le mioche pleure….ou pas... (si il a crevé ?) et puis la vie d’un enfant ça reste une vie, même si elle est courte, non?
Une vieille hurle, elle me gave, d’ailleurs elle est trop grosse et trop laide : si c’était sa gamine dans la poussette, je pense avoir arrangé la création divine….enfin divine…. C’est vrai, on n'entend jamais ce que ça veut dire: divine?! Si elle était si divine que ça, la création, on ne serait pas obligé de se casser tout le temps, de tout déranger et de devoir recoller les morceaux!
En plus, je fais ma pasionaria alors que je n'ai, mais aucun intérêt pour une quelconque vocation humanitaire.
De toute façon je marche si vite pour ne pas voir les gens, pour qu’ils ne puissent qu'entrevoir de ma beauté l’Idéal qu’ils n’auront jamais devant eux….et que je vais presque réussir à épouser grâce à Ana. Je suis Ana bien sûr, mais elle est aussi un être fort, jeune, qui me comprend et ce, quitte à m’envoyer les pires vacheries : « Tu ne seras jamais belle, tu veux rester fade!! Fade et grosse!!! Tu dois comprendre qu’il te faudra mourir pour accéder aux mondes des compréhensions absolues où plus rien ne te retient! » Où plus rien ne me retient… Mais pour aller où ?!!! Mais où??!! Et je crie de plus en plus fort...
Je sens deux mains qui me retiennent : «Lâchez-moi !!! AAAAAAARRGgh !!!!»
«Mademoiselle… Mademoiselle, calmez vous donc….» : deux charmants jeunes gens très calmes et posés me font dégringoler plus facilement que je ne le pensais de mon coup de hargne névrotico-hystérique. Surtout que je n’ai vraiment pas à me plaindre, on dira que la vie me gâte trop. Je crois que c’est malheureusement plus difficile que cela : c’est comme savoir qu’un fil, que dis-je, un léger papier de soie m’empêche d’appréhender la vérité telle qu'elle devrait être. Jugez bien cependant : je comprends bien le monde autour de moi, je peux même lui parler et mon visage, encore si laid, coordonne ses différents muscles pour donner quelque expressivité à ce qui me semble être la plupart du temps un triste figure de noyée. Mais qu’il est fatiguant ce masque, combien si lourd…
Comment je m’appelle ? Chloé... Je viens d’accompagner ma meilleure amie à l’hosto. Elle doit passer des examens médicaux……je crois que ça peut être grave…Elle le sent….
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Un long silence…….
Chloé se parle à elle-même :

« J’aurais bien aimé savoir ce que ça fait de passer un couteau dans le corps d’un passant, en prenant d’abord une salle vioque antipathique comme un cafard, ou alors un sale bourge de Neuilly pas bobo… Le sang sur les cheveux blonds et bien coiffés : ce doit être minéral, sensuel….
Je ne suis pas assez folle…mais cela me déplairait il vraiment ?! »
 Et elle éclate de rire sans aucune trace de cruauté : le rire banal d’une personne qui a passé une bonne soirée.
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